Pour clore ce chapitre sur les relations, j’aimerais vous parler d’un sujet qui me tient à cœur et qui est à la base de ce projet : la sororité.
La sororité, un concept précieux quand on est maman
Un post-partum difficile
J’ai découvert ce terme en arrivant ici au Québec quand j’ai commencé à m’intéresser au féminin sacré après ma première grossesse. J’étais en recherche de sens, de réponses, de soutien. En effet, je suis tombée dans la maternité sans trop comprendre ce qui m’arrivait. Au bout de 10 mois passés seule à la maison avec ma fille où je tentais tant bien que mal de garder le contact avec d’autres mamans pour ne pas me sentir seule, j’ai repris le travail avec joie pour me rendre compte quelques mois plus tard que j’étais en pleine dépression post-natale. Moi qui avais d’habitude tellement d’énergie et d’enthousiasme à faire les choses, je n’avais plus le goût de rien. Je pensais que retourner au travail me ferait du bien, et ce fut le cas au début, mais bien vite la réalité de la conciliation travail-famille m’a rattrapée et je me suis effondrée. C’est là que j’ai découvert les tentes rouges et l’Ayurveda au féminin aux côtés de la belle Annik Baillargeon, là que j’ai entendu pour la première fois le terme de sororité.
Qu’est-ce que la sororité?
La sororité, c’est ce sentiment d’appartenance, de connexion profonde qui nous lie aux autres femmes, aux autres mamans. Parce que nous avons le même corps, les mêmes ressentis, que nous passons par les mêmes épreuves. C’est se reconnaître dans l’autre, se comprendre à travers elle et en même temps saisir ce qui nous différencie chacune et nous rend unique. C’est ce qui fait que l’on se comprend sans se parler, juste d’un regard ou d’un sourire. C’est ce qui fait qu’on ne se sent pas seule.
L’isolement: le fardeau des mamans de notre époque
Car Dieu sait combien on peut se sentir seule quand on est maman, a fortiori quand on est monoparentale! L’isolement est un thème qui est revenu souvent dans vos commentaires quand je vous ai demandé de quoi vous aimeriez parler au moment de lancer ma page Facebook. L’isolement et l’épuisement. L’une de vous m’a même confié : « Pouvoir dire qu’on est épuisée quand on est solo. Pouvoir dire que le dimanche soir parfois on est contentes que la garderie recommence le lundi ». Je ne suis pas monoparentale, et pourtant je me reconnais tellement dans ces propos! Moi aussi, j’ai hâte au lundi matin!
Le manque de soutien des mères
Parce qu’on ne va pas se mentir : c’est épuisant d’être maman! Et ça l’est d’autant plus qu’on reçoit peu de soutien. Moi, j’ai la chance d’avoir un conjoint qui s’occupe beaucoup des enfants, mais ma famille est en France et toutes mes amies sont aussi occupées que moi. Résultat : cela fait deux mois qu’on n’est pas sortis en amoureux, mon chum et moi. Deux mois! Autant vous dire que la Saint-Valentin, on l’a fêtée en famille autour d’une fondue au chocolat maison, parce que j’avais plus le goût de courir après une gardienne!
Une surcharge d’informations et de conseils
Et même quand la famille ou les amis sont proches, on se sent tout de même seule face à nos choix éducatifs. Parce qu’au quotidien on a 1001 choses à gérer. Parce qu’on se fait beaucoup juger. Parce qu’on reçoit des conseils de tous bords tous côtés, mais pas vraiment de soutien ou d’écoute. Oui, on n’a jamais eu autant accès à de l’information de qualité sur le développement de l’enfant, les émotions, la maternité, mais en même temps trop c’est comme pas assez. Je ne sais pas vous, mais moi à force de lire une chose et son contraire sur le sommeil, l’alimentation, la gestion de la colère…, je ne sais plus qui croire ni quoi faire. Et quand vient le temps de trancher, j’ai peur et je me sens seule.
Pourquoi? Parce qu’on ne m’a pas appris à faire confiance à mon instinct maternel. Parce qu’on ne m’a pas montré le chemin. Rien ne vaut quelqu’un de proche qui vous prend par la main et vous montre comment faire. Ou quelqu’un qui prend le relais pour vous permettre de respirer et de faire le vide chaque fois que vous perdez pied.
“Ça prend un village pour élever un enfant”
Une amie me rappelait récemment ce proverbe africain empli de sagesse que vous avez sûrement déjà toutes entendu : « Ça prend un village pour élever un enfant ». Malheureusement, dans notre société occidentale individualiste, on n’a plus accès au soutien de la communauté. Ou quand la communauté s’en mêle, c’est pour émettre une opinion ou nous prodiguer un conseil non sollicité.
Un soutien communautaire insuffisant ou inadapté
Certes, il y a des initiatives qui sont mises en place depuis quelques années. Quand j’étais en congé maternité pour ma première fille, j’allais régulièrement à l’Espace Famille Villeray où j’avais accès à des activités mamans-bébés, des conférences et des cafés rencontres avec d’autres mamans. Cela me faisait du bien, ces sorties hebdomadaires. Mais cela m’épuisait aussi : parce qu’il me fallait sortir de chez moi seule avec bébé, m’occuper d’elle tout en essayant d’avoir une conversation avec une autre maman… Et parce qu’en rentrant, il me fallait encore préparer le repas et plier le linge pendant que ma fille dormait (quand elle acceptait de dormir…!). Ce que j’aurais aimé, c’est quelqu’un qui vienne chez moi s’occuper de ma fille ou de la maison pendant que je m’occupais de moi, de mon besoin de connexion. Ou quelqu’un qui m’écoute et me partage son expérience. Ça m’aurait vraiment aidée!
La solidarité humaine: à la base de notre société
En effet, ce soutien mutuel, cette entraide est on ne peut plus naturel. On l’a vu avec la pandémie : l’homme est un animal social. On a besoin les uns des autres. C’est inscrit dans notre ADN comme dans celui de tous les êtres vivants. L’autre jour, je faisais une randonnée en raquettes dans la forêt quand je suis tombée devant un spectacle de toute beauté : un immense arbre brisé en deux par une tempête était soutenu par plein de petits arbres bien plus frêles que lui mais qui tous ensemble formaient une chaîne de solidarité assez forte pour soutenir leur gigantesque voisin. Cela m’a fait réaliser à quel point on a tous et toutes besoin de soutien, car même les plus grandes et les plus fortes d’entre nous peuvent s’effondrer un jour. Et alors, nous serons bien heureuses que les petits chicots autour de nous prennent le relais et nous offrent leur soutien.
Un « safe space » pour échanger entre mamans
C’est pour répondre à ce profond besoin d’entraide et de connexion que j’ai décidé de faire prendre un nouveau virage à ce projet.
Dans un article antérieur, je vous avais confié combien l’aveu d’une autre maman lors d’un cercle de parole était venu me chercher et m’avait permis de me libérer d’un poids. C’est pourquoi j’ai créé ce blog. Parce que la parole de l’une libère celle des autres. Mais je sais que vous êtes nombreuses à ne pas commenter mes articles de peur de vous faire juger par l’ensemble de votre réseau, parce que ma page est publique. C’est pourquoi j’ai décidé de créer un groupe privé afin de nous permettre d’échanger davantage, loin du regard des autres. En toute intimité. Entre sœurs.
Parce que ce n’est pas juste ma parole qu’il faut libérer, mais la vôtre aussi.
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