C’est ce que je me suis dit ce matin en le voyant tout rabougri dans son pot. Il manquait cruellement d’eau et ses feuilles commençaient à jaunir. Pas étonnant : je ne m’en occupe presque pas. Pourtant, j’adore les plantes! Ma maison regorge de plantes! Mais, celle-ci, je ne l’aime pas autant, je ne la trouve pas à mon goût.
C’est un peu la même chose avec ma fille aînée. J’ai du mal à connecter avec elle, alors je suis moins attentive à ses besoins qu’à ceux de sa sœur, et j’oublie souvent de remplir son réservoir d’affection comme j’oublie d’arroser ma plante.
Quand le lien d’attachement est difficile
L’autre soir par exemple, je n’ai pas su répondre à son criant besoin de proximité. Elle était rentrée de l’école affamée parce qu’elle n’avait pas touché à son dîner (il faut savoir qu’elle souffre d’une très forte néophobie alimentaire) et quand elle s’est mise à fouiller dans le frigo à la recherche de jambon, je me suis emportée et j’ai commencé à lui faire la morale au sujet de son alimentation. Elle a mangé ce que je lui ai donné, mais après le souper, elle s’est murée dans son silence et quand, au moment de la coucher, elle m’a demandé de rester allongée auprès d’elle, j’ai refusé. Les événements désagréables de la soirée – mon mari qui n’avait pas préparé le souper, ma plus jeune qui hurlait à tout va qu’elle voulait ses souliers rouges (Ah! Les maudits souliers rouges!) avaient vidé mon réservoir d’énergie si bien que je n’ai pas été en mesure de lui apporter ce dont elle avait besoin : un gros câlin au moment du dodo.
Et ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres. Parce qu’elle est l’aînée et que j’ai plus de mal à connecter avec elle, je lui fais très souvent des reproches et prend plus facilement la défense de sa sœur, ce qui est assez ironique quand on y pense, car lorsque j’étais petite, j’ai beaucoup souffert d’être l’aînée et de voir toujours ma petite sœur emporter l’adhésion de mes parents contre moi. Mais c’est plus fort que moi : je me sens plus proche de ma deuxième fille. Au début, j’avais honte de l’avouer. Je me disais : « mais non, voyons, on doit aimer ses deux enfants pareil ».
Préférer un de ses enfants: un tabou difficile à avouer
Jusqu’au jour où, dans le cadre d’un stage de ressourcement pour femmes organisé par le centre Kinawat, une des participantes a osé dire, dans un cercle de parole, qu’elle avait toujours préféré sa cadette. Elle nous l’a avoué les yeux pleins d’eau en me regardant et en disant : « je le dépose ici, car je sais que je sais que je ne suis pas la seule ». Et là, je me suis mise à pleurer parce qu’une autre femme avait mis les mots sur ce que je n’osais m’avouer depuis la naissance de ma cadette : j’avais une préférence pour une de mes filles.
Ce qu’elle a dit par la suite m’a beaucoup aidée, à savoir qu’elle et sa fille ne se sont pas reconnues à la naissance, que le lien a été long à se tisser entre elles (le fameux « lien d’attachement dont on nous rabâche les oreilles!), parce qu’elles avaient des tempéraments différents, parce qu’elle lui renvoyait des parties d’elle qu’elle n’aimait pas. Et comme de fait, ce que je n’aime pas chez ma fille aînée, c’est son côté autoritaire, sa nature envahissante et son refus de coopérer. Autant de traits que je retrouve chez moi… les parties de moi qui ont encore besoin d’amour.
Or, comme l’a très justement écrit mon amie Camille Bettinger, alias la Jumpeuse : « nous sommes formés à essayer de combler nos défauts au lieu de peaufiner nos qualités… [Mais] « Connaître ses qualités et ses faiblesses fait partie des bases de la connaissance de soi. » Et j’ajouterai : les accepter, c’est la base de l’amour de soi.
Ce que nous enseignent nos enfants
En me renvoyant une image de moi que je n’aime pas, ma fille aînée m’offre l’occasion de m’aimer davantage, mais aussi de guérir mes blessures d’enfance. Parce qu’elle me challenge autant, elle me permet de comprendre la position de mon père, à savoir que c’est difficile d’aimer quelqu’un qui vous renvoie tous vos défauts comme un miroir et qui en même temps a des intérêts et une vision de la vie opposés aux vôtres. Et en comprenant cela, je suis en mesure de ne pas répéter l’erreur que mon père a faite avec moi : enfermer mon enfant dans une fausse image d’elle-même plutôt que sortir de ma zone de confort pour apprendre à la connaître et découvrir que, malgré nos divergences et nos défauts communs, se trouvent de magnifiques qualités.
C’est la même chose avec mon aloe Vera. En lisant sur les propriétés de cette plante, j’ai découvert qu’elle avait beaucoup à nous apporter : non seulement, elle a des propriétés hydratantes, mais elle élimine la pollution et attire les ondes positives dans une pièce. Autant de bonnes raisons pour en prendre soin, non?
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