Je vous partage ici un texte que j’ai écrit il y a exactement un mois, à mon retour de vacances.
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Il y a quelque temps, j’avais demandé aux mamans de mon groupe privé de quoi elles avaient le plus besoin pour voir comment je pourrais les aider. J’avais alors été déçue de lire que la plupart citaient une aide ménagère… Sur le coup, j’avais trouvé ça très terre à terre comme besoin. Une bonne amie à moi à qui j’en avais parlé parce qu’elle est toujours de bon conseil, m’avait fait remarquer qu’il n’y avait rien de mal à cela; que les mamans en question étaient peut-être complètement dépassées et qu’elles avaient besoin d’aide pour s’occuper des tâches ménagères avant de pouvoir penser à elles et à ce qui leur ferait du bien, parce qu’il peut être difficile d’être à l’écoute de ses besoins quand sa maison est sans dessus dessous et qu’on est trop fatiguée pour s’en occuper. Et elle avait raison… comme toujours! La vie me l’a rappelé clairement aujourd’hui.
Des vacances en famille merveilleuses…
Pourtant, je commençais enfin à voir le bout du tunnel et à me dire que les choses allaient de mieux en mieux avec mes filles…
Nous venions de passer une semaine de vacances en famille au Lac Saint-Jean où tout s’était merveilleusement bien déroulé. Certes, il y avait eu quelques crises à gérer étant donné que la routine avait pris le bord et que ma plus jeune manquait souvent ses siestes quand nous étions en visite. Mais dans l’ensemble, tout s’était super bien passé: on était dehors toute la journée, les filles avaient autant de plaisir que nous à découvrir de nouveaux lieux, elles mangeaient ce qu’on leur donnait sans broncher (ou presque!) et jouaient bien ensemble. Pour la première fois depuis longtemps, j’avais du plaisir à jouer avec elles. Moi qui ai toujours dit que les vacances avec des enfants, ce ne sont pas des vacances, j’ai vraiment le sentiment d’en avoir profité à fond!
Mais contrairement à ce que je pensais, ce n’est pas juste parce qu’elles grandissent que cela devient plus facile; car ma plus jeune n’a que trois ans et nous fait encore des méga crises de bacon extra croustillant! Non, je viens de comprendre aujourd’hui pourquoi c’était si facile et si agréable: c’est parce que j’étais à 100% dans le moment présent et que je n’avais rien d’autre à faire ou à penser que d’être avec mes filles. Pas de ménage ou de lessive à faire, pas de repas à préparer si ce n’est quelques sandwiches pour nos pique-niques, pas de grosses épiceries, bref, zéro charge mentale.
Mais un dur retour à la réalité!
Ce sont toutes ces tâches, toutes ces petites choses auxquelles il faut penser quotidiennement en plus du travail qui rendent la maternité si difficile! Cela m’est apparu comme une évidence aujourd’hui alors que nous étions rentrés de vacances et que nous avons passé la journée à faire du ménage et des lessives, et à prendre des rendez-vous à droite et à gauche en prévision de la rentrée tout en essayant de jouer avec les filles qui, même si elles étaient ravies de retrouver leurs jouets après une semaine loin de la maison, semblaient incapables de s’occuper toutes seules et recherchaient constamment notre attention.
J’avais cru naïvement que leur réservoir d’amour était suffisamment rempli pour qu’elles puissent nous laisser vaquer à nos occupations en paix, mais il n’en fut rien. Les deux nous réclamaient sans cesse pour jouer, s’opposaient à nos demandes, et pour couronner le tout, ma plus jeune s’est mise à faire pipi par terre 5 minutes après m’avoir dit que non, elle n’avait pas besoin d’aller aux toilettes!
J’ai souvent écrit que je n’aimais pas jouer avec mes filles: mais en fait, si je n’ai que cela à faire, ce n’est pas un problème. C’est quand j’ai tout le reste à gérer en plus que je trouve cela pénible. Car j’ai du mal à profiter du moment quand mon esprit pense à la liste des tâches qui m’attendent.
Ce fameux village dont rêvent toutes les mamans!
C’est pour cela que le premier besoin des mamans d’aujourd’hui, c’est une aide extérieure: ce fameux village qui nous fait si cruellement défaut! Les enfants de nos jours ne sont pas plus difficiles qu’avant; leurs besoins d’amour et d’attention sont les mêmes depuis toujours. Ce qui a changé en revanche, c’est notre mode de vie en société qui fait que les parents que nous sommes ne sommes plus en mesure de répondre pleinement à leurs besoins, car nous devons assumer plusieurs rôles à la fois; des rôles qui étaient auparavant répartis entre les différents membres de la famille.
Aujourd’hui, je comprends donc parfaitement ce besoin d’aide pour les tâches ménagères que ressentent les nouvelles mamans ou celles qui ont de jeunes enfants. Car même quand on n’a pas encore repris le travail, s’occuper d’une maison ET d’un enfant seule, c’est extrêmement exigeant. Dans le temps où les femmes ne travaillaient pas à l’extérieur de la maison, elles y arrivaient mais elles pouvaient compter sur l’aide des parents plus âgés qui restaient à la maison ou des autres mères du village. De nos jours, même quand on a de la famille qui peut nous donner un coup de main de temps à autre, la charge reste tout de même écrasante. Et dans un monde où le faire est plus valorisé que l’être, il est difficile de s’extraire de sa liste de tâches pour profiter pleinement du moment présent.
Heureusement, nos enfants sont là pour nous rappeler le vrai sens des priorités;-)


