Je vous écris cet article attablée en terrasse du restaurant Merci la vie à Piedmont où j’ai décidé de dîner après mon massage avec Céline Fournier, la 1ère de clan de ma série D’une mère à l’autre.
Devant moi, un magnifique ciel bleu, des arbres et une montagne; derrière moi, une jeune femme qui annonce à ses amies d’un ton réjoui qu’elle attend son deuxième enfant; autour de moi, des conversations et des rires. Je suis seule, mais je me sens tellement entourée, et je savoure chaque minute de cet instant…
Merci la vie: quel nom alléchant et qui fait si bien écho à ce que je ressens dans mon cœur au moment de vous écrire ces lignes!
Attendre d’aller mal pour prendre soin de soi : un non-sens!
Pourtant, j’ai failli reporter mon massage, moment de plaisir intense s’il en est, car depuis mon retour de vacances, je suis en pleine forme et tout va à merveille dans ma tête comme dans mon corps. Mais en m’en venant ici en auto, j’ai réalisé que ça n’avait pas de sens d’attendre d’avoir mal pour se faire du bien. Parce que c’est au quotidien qu’on devrait prendre soin de soi, et pas seulement quand on souffre. Et ce faisant, j’ai permis à Céline d’aller travailler plus en profondeur sur des blocages énergétiques enfouis dans mes cellules, ce qu’elle n’aurait pas pu faire si elle avait dû me soulager d’une quelconque douleur.
L’influence des valeurs judéo-chrétiennes
Il en va de même avec la maternité: pourquoi attendre de toucher le fond, de frôler le burn out quand on pourrait prendre soin de soi dès le début et profiter de chaque instant?
Parce qu’on vit dans une société judéo-chrétienne où, même si l’influence de l’Église n’est plus ce qu’elle était, certains de ses préceptes restent ancrés au plus profond de nous, car ils ont façonné la société dans laquelle nous vivons depuis des siècles. Certaines croyances issues de la religion catholique, comme le fait qu’il faut souffrir pour mériter le ciel, travailler dur pour réussir ou s’offrir du réconfort seulement après l’effort, sont encore très présentes dans l’esprit de la plupart d’entre nous.
Je crois que c’est pour cette raison que j’en ai autant bavé pendant mon premier congé maternité. Moi qui me nourris au contact des autres, je me retrouvais seule à la maison avec un bébé, à DEVOIR faire tout un tas de tâches qui me plaisaient plus ou moins, parce qu’il le FALLAIT. J’agissais par sens du devoir et j’avais oublié ma source de motivation première: le plaisir. Si l’on m’avait dit à l’époque qu’il me suffisait d’écouter mon instinct, de faire ce que j’aime et ce qui me fait du bien plutôt que de tout sacrifier pour mon enfant, je n’aurais probablement pas frôlé la dépression…
Un système qui ne fonctionne pas sur le long terme
Ce système de pensée met l’accent sur le sens du devoir et carbure à la culpabilité: il faut, il faut, il faut, sinon… (mettez ici n’importe quelle conséquence négative). Or, si le sens du devoir fait certes avancer les gens, sur le long terme, il mène souvent au burn-out, car l’humain se lasse de faire les choses par obligation plutôt que par plaisir.
Il suffit en effet d’observer nos enfants pour s’en convaincre: vous êtes-vous jamais demandé pourquoi ceux-ci aiment autant jouer et pourquoi c’est par le jeu qu’ils apprennent le mieux? Pourquoi prendre une voix de robot pour les faire avancer dans leur routine du matin ou les chatouiller s’ils ne s’habillent pas fonctionnait à tous coups (histoire vécue, lol) quand nos maintes répétitions de consignes ou de menaces n’engendrent qu’opposition et refus de leur part? L’humain carbure au plaisir, non aux injonctions.
Chez les autochtones d’ailleurs, comme chez les bouddhistes, il y a cette idée qu’il est essentiel de penser à soi en premier, de suivre sa joie et son plaisir, ce qui va nous permettre d’aligner nos aspirations avec celles de la communauté et d’offrir au monde ce qu’on a de meilleur, sans que cela représente un effort de notre part. Et je suis convaincue que si chacun d”entre nous faisait réellement ce qui le fait vibrer au plus profond de son coeur, l’humanité se porterait tellement mieux!
Carburer au devoir plutôt qu’au plaisir : un autre non sens!
Lâcher les injonctions et suivre sa joie
Comme bien des gens, j’ai longtemps fait les choses par obligation ou sens du devoir. L’an dernier par exemple, je n’ai pas voulu inscrire ma fille aînée au service de garde du camp de jour où elle allait, parce que je me disais qu’après une journée à bouger, elle aurait sûrement envie de profiter de notre piscine. Or, je n’avais pas réalisé à quel point cette décision allait raccourcir mes journées de travail et m’obliger à passer du temps avec elle quand parfois j’aurais préféré avancer dans mes tâches. Je me disais qu’une bonne mère DEVAIT passer du temps avec ses enfants et que l’été était fait pour s’amuser et avoir du temps libre. C’était sans compter sur le fait que ma grande était alors incapable de s’occuper toute seule…
Cette année, j”ai appris ma leçon et l’ai inscrite au service de garde. Et bien,vous savez quoi? On a beaucoup plus profité de la piscine! Pourquoi? Parce qu’à chaque fois que je suis allée la chercher plus tôt pour se baigner, je l’ai fait parce que j’en avais réellement envie. Et ça, ça fait toute la différence!
D’ailleurs, j’ai pris conscience récemment que le sens du plaisir est profondément ancré en moi depuis toujours et que c’est mon éducation qui m’en a éloignée. Une amie férue d’astrologie me rappelait en effet il y a peu à quel point les Sagittaire comme moi fonctionnent au plaisir. Et quand j’y pense, c’est vrai que tout ce que je fais quand je suis mue par la joie donne de bien meilleurs résultats.
Revenir dans son corps
Mais pour retrouver ce sens inné du plaisir, j’ai dû revenir dans mon corps et me reconnecter à mes sens. Parce que le plaisir, ça passe d’abord et avant tout par le corps. La maternité m’y a beaucoup aidée au début: quand j’étais enceinte, mes taux d’hormones étaient dans le tapis si bien que je n’avais tout simplement pas le choix d’être dans mon corps! Et j’ai adoré ça! Ressentir tout par mille était extrêmement agréable. D’ailleurs, je n’ai jamais eu autant de libido que pendant mes 6 derniers mois de grossesse (parce qu’on s’entend que les trois premiers mois, la fatigue était plus forte que tout!).
C’est aussi par le corps que j’en suis venue à guérir des blessures d’enfance et à retrouver la femme cachée derrière la mère. Ma toute première mentore, Monica Canducci, m’a amenée à développer mon intuition et ma spiritualité en passant par mon corps à travers l’automassage et la méditation en mouvement. Grâce à ses routines dansées, j’ai appris à me réconcilier avec ce corps que je trouvais flasque et à retrouver tranquillement le chemin vers le désir après deux ans d’abstinence. Et depuis que j’ai réactivé ma libido, ma créativité a explosé!
Or, de nos jours, la plupart des gens sont déconnectés de leur corps
Certains, pour éviter de souffrir; d’autres, parce qu’ils sont trop dans leur tête. Et ça m’arrive encore parfois. Récemment, j’ai vécu une expérience révélatrice avec mon mari. Un soir que nous nous apprêtions à faire l’amour, j’ai choisi de garder mon masque de sommeil pendant qu’il m’embrassait et me caressait; j’ai alors constaté à quel point mes autres sens en étaient décuplés, à quel point le fait de ne rien voir me ramenait dans mon corps et amplifiait mon plaisir, moi qui d’ordinaire ai souvent tendance à partir dans ma tête dans nos moments d’intimité…
Depuis, j’essaie de cultiver chaque jour ce lien au plaisir, cette capacité d’émerveillement et de jouissance de la vie, si naturelle chez les enfants. Parce que j’ai compris que c’est notre capacité à jouir de la vie qui nous aide à surmonter les épreuves. Elle nous rappelle que le soleil est toujours là, derrière les nuages, que les difficultés ne sont que passagères.
D’ailleurs, saviez-vous que le cerveau ne fait pas la différence entre le passé et le présent? En effet, si vous repensez très fort à un moment de joie, votre corps va sécréter de l’endorphine, cette hormone du bonheur, comme si vous étiez en train de le vivre. Et si chaque jour, au lieu de concentrer votre attention sur ce qui ne va pas, vous essayez de penser à un beau moment, aussi fugace soit-il, qui a ensoleillé votre journée et de prêter attention aux sensations de bonheur dans votre corps, vous constaterez petit à petit à quel point la vie est remplie de petits plaisirs, même dans les moments plus sombres:-)
Envie d’aller plus loin?
Découvrez mes ressources pour reconnecter au plaisir!
Envoyez-moi un courriel à en inscrivant PLAISIR en objet pour recevoir un beau cahier d’exercices pour reconnecter au plaisir et rallumer votre feu!
Découvrez mon entrevue avec Karine Belzile, alias Celle qui aime toutes choses


