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Les jugements entre mamans

les jugements entre mamans

La semaine dernière je publiais un article sur la tendance qu’ont certaines d’entre nous à se comparer aux autres et celle qu’ont les autres à donner leur opinion sur nos choix parentaux. J’y expliquais à quel point il est important de respecter le point de vue de chaque personne, car la vérité de l’une n’est pas la vérité de l’autre. Cet article a suscité peu de réactions, alors je me suis dit que le sujet n’était peut-être pas si tabou.

Eh bien, je me trompais!

S’abstenir de juger les autres mamans: pas toujours facile!

Quand une maman en critique une autre…

Quatre jours à peine après sa parution sur ma page Facebook, une des membres de mon groupe privé s’est permise de juger l’éducation que certains parents donnent de nos jours à leurs enfants dans une série de commentaires qui manquaient de nuances et de bienveillance. Et la réaction ne s’est pas fait attendre: une des mamans, piquée au vif par ces remarques désobligeantes, est montée au créneau pour défendre ses convictions! Et la chicane a pogné.

J’ai alors réalisé que le sujet faisait encore couler beaucoup d’encre et que nombre  de mamans ont encore du mal à respecter les choix de vie des autres. Cette même personne citait dans ses propos les enseignements d’un homme médecine autochtone: Dominique Rankin. Celui-là même qui m’a vraiment fait comprendre ce que voulait dire le mot respect.

Le respect: une valeur incomprise

Ce respect, qui est présenté comme une valeur dans beaucoup de groupes sur FB, mais qui est parfois mal compris. 

Je me rappellerai toujours ce groupe qui prônait l’éducation bienveillante et dans lequel les parents se permettaient de critiquer la moindre réflexion qui allait à l’encontre des valeurs de cette philosophie. Il fallait voir la virulence de certains commentaires! Or, comment peut-on enseigner le respect à nos enfants si nous, les adultes, ne sommes pas capables d’être bienveillants entre nous?

Respecter l’autre, c’est accepter que son ressenti soit différent du nôtre

C’est émettre une opinion en ayant conscience qu’il ne s’agit que de cela: une opinion parmi tant d’autres, et non la vérité. C’est aussi éviter de juger les autres dans leurs choix, de les écouter en essayant de rester le plus neutre possible, et d’exprimer son désaccord en toute bienveillance sans lancer d’accusation à tort et à travers. C’est aussi comprendre que les mots peuvent blesser s’ils sont mal choisis.

J’en ai moi-même fait l’expérience cette semaine. Alors que nous étions en vacances ensemble, ma mère m’a avoué avoir été choquée par mon article sur la colère, où je décrivais mon père comme un “papa colère”. Parce que s’il y a bien une chose que mon père n’a jamais fait quand nous étions petites, ma sœur et moi, c’est de nous crier dessus. Et c’est vrai. Ce que je voulais dire en fait, c’est que mon père porte en lui une colère qui vient de son enfance et qu’il n’a jamais su s’en défaire. Comme un enfant qui n’a jamais appris à gérer sa frustration, mon père s’emporte à la moindre contrariété. Encore aujourd’hui. Sans le vouloir, je lui ai manqué de respect, comme la maman qui a utilisé des mots blessants dans mon groupe privé.

Juger l’autre c’est lui manquer de respect

La vraie signification du respect

Comme je suis une amoureuse des mots, je me suis mise à chercher l’étymologie du mot respect. Il vient du latin respicere qui signifie « regarder en arrière, derrière soi ». D’où le respect des aînés, des gens d’expérience. En effet, si on prend le temps de regarder tout ce par quoi sont passés nos ancêtres, toutes les épreuves traversées, les erreurs commises, les leçons apprises, on comprend mieux d’où ils viennent et pourquoi ils pensent et réagissent comme ils le font. Cela ne veut pas dire qu’on est toujours d’accord avec leurs choix de vie, mais on peut saisir ce qui a motivé ces choix et donc les accepter plus facilement, ou du moins les comprendre.

Qui suis-je pour juger l’autre?

Il en va de même entre mamans. Même si je ne suis pas d’accord avec les choix éducatifs de certaines de mes amies ou des autres mamans qui m’entourent, qui suis-je pour les juger? Oui, certains enfants ont des comportements plus désagréables que d’autres et cela peut être dû en partie – et en partie seulement, je tiens à le souligner- à l’éducation qu’ils ont reçue, mais ce n’est pas une raison pour critiquer leurs parents. Peut-être que les parents en question en arrachent! Peut-être que leur enfant est particulièrement difficile. Peut-être qu’ils ne sont pas outillés pour l’accompagner dans ses défis. Peut-être qu’ils ont tout essayé et sont à bout de ressources. Ou peut-être qu’ils n’ont pas conscience qu’il y a un problème. Parce qu’il est fort possible que ce qui me dérange, moi, ne gêne absolument pas les autres. Nous avons toutes des sensibilités différentes. Et c’est tant mieux! Bref, si je prends le temps de regarder par quoi sont passés ces parents, je suis mieux à même de comprendre leurs réactions et donc de les respecter.

Pour une solidarité entre mamans

Gardons nos opinions pour nous!

Mais de grâce arrêtons de nous juger entre mamans! S’il y a bien un conseil à retenir quand on devient mère, c’est celui de Maude Michaud : « prends le temps de te rappeler que la maternité est assez raide de même, et qu’entre mères, ce serait le fun de se soutenir au lieu de se rentrer dedans à qui mieux mieux ».

Respecter l’autre, c’est accepter que sa vérité ne soit pas la mienne. C’est ce que mon amie a fait. Elle s’est excusée et a choisi de se retirer du groupe privé sans que je le lui demande. Par respect pour notre relation. Je lui en suis infiniment reconnaissante.

Le groupe FB privé: un espace sécuritaire

Le plus surprenant dans cette histoire, c’est que je ne laisse pas entrer n’importe qui dans ce groupe privé. Pas plus tard que vendredi dernier, j’ai refusé dix personnes parce qu’elles n’avaient pas répondu au questionnaire d’adhésion. Ce questionnaire est pourtant le seul outil que j’ai pour m’assurer que le groupe soit un espace sécuritaire où les mamans puissent se déposer dans toute leur authenticité sans craindre de se sentir jugées. Parce que c’est souvent cette peur qui les empêche de se confier et de briser les tabous.

Alors, si vous êtes prêtes à faire preuve de transparence, d’ouverture d’esprit et de bienveillance, c’est avec plaisir que nous vous accueillerons. Sinon, passez votre chemin!

Envie d’aller plus loin?

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Si le cœur vous en dit, rejoignez-nous ici!

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