Cette semaine, je lisais le témoignage d’une des mamans de mon groupe privé qui disait souffrir de la comparaison avec les mamans parfaites qu’on voit passer sur les réseaux sociaux.
Se comparer aux autres mamans: un vrai fléau
Oser être soi
Ça m’a fait sourire car la nuit d’avant j’avais fait une série de rêves qui m’incitait à ne plus me comparer et à oser être pleinement qui je suis. Dans l’un d’eux, j’étais avec mes parents en visite chez une autre famille dont la maison était plus grande que la nôtre. Ma mère disait que non, mais moi je soutenais que oui; c’est juste que ce n’était pas fait pareil: leur cuisine était immense, ils avaient des sofas dans plusieurs pièces ouvertes alors que nous avions un bureau fermé. La mère de famille m’a confirmé qu’effectivement leur maison était plus grande, chiffres à l’appui, et mon père a acquiescé (Évidemment! Qui peut contredire les chiffres ?!).
Ce que j’ai retenu de ce rêve, c’est que cette tendance à se comparer me venait de l’enfance (ici incarnée par ma mère), mais que ce n’était plus ce que j’éprouvais. En effet, dans mon rêve, je me fichais bien de savoir quelle maison était la plus grande. Je me disais : « chacun son style, ses priorités, ses besoins (eux préféraient le confort – les nombreux sofas, nous le travail – le bureau) ».
Manquer de confiance en soi nous pousse à chercher conseil
Mais je n’ai pas toujours été comme ça. Quand je suis devenue maman, je n’avais aucune idée de ce qui m’attendait, ni de ce que je devais faire. Comme on dit souvent : « un enfant, ça ne vient pas avec un manuel d’instruction! » (à part peut-être au Québec où le Mieux vivre avec son enfant était devenu mon livre de chevet dès la naissance de ma fille et me rassurait beaucoup!). Mais comme je n’avais aucunement confiance en moi, j’ai commencé à chercher des conseils à droite et à gauche. Je regardais les autres mamans, leur demander leur avis, consultais les groupes FB à la recherche de réponses. Et ça m’aidait beaucoup, ne serait-ce que parce que je voyais que je n’étais pas la seule à en arracher ou à me poser tout un tas de questions.
Se comparer entraîne de la culpabilité
Mais le côté sombre de la médaille, c’est que j’étais constamment en train de me comparer aux autres. Et les autres avaient toujours l’air de mieux s’en sortir que moi. Je me rappellerai toujours d’une conversation Facebook où des mamans échangeaient sur leur retour au travail imminent et sur l’entrée de leur bébé à la garderie : plusieurs mamans angoissaient à l’idée de se séparer de leur enfant, de le confier à des inconnues, de s’ennuyer de lui. Et toutes celles qui commentaient semblaient éprouver la même chose. Moi, qui avais hâte de reprendre le travail et de « me débarrasser » de ma fille (le mot est fort, j’en conviens, mais la garder à la maison était devenue une charge pour moi), je n’osais pas commenter de peur de me faire juger. Et surtout, je me demandais ce qui clochait chez moi : pourquoi est-ce que je n’avais absolument aucune angoisse à laisser aller ma fille alors que toutes les autres mamans trouvaient ça si difficile? Est-ce que j’étais une mauvaise mère parce que je préférais aller travailler plutôt que de m’occuper d’elle 24/7?
Les conseils non sollicités: un autre piège à éviter
Pour moi qui me sentais déjà pas mal incompétente comme mère, ce constat était vraiment difficile et me faisait sentir coupable.
Les conseils nous rendent sensibles au jugement des autres
Il faut dire qu’à l’époque, j’étais extrêmement sensible au jugement des autres, et notamment de ma belle-mère qui trouvait toujours à redire au sujet de l’éducation de ma fille (à l’époque je n’en avais encore qu’une) : « Comment ça, vous n’avez pas encore choisi son prénom? », « Si elle te réveille encore la nuit, c’est qu’elle a faim : donne-lui donc du Pablum! », « Habille-la plus, elle va avoir froid », « Si tu lui donnais le biberon, elle ne serait pas toujours collée à toi », « À cet âge-là, c’est fini la sieste! »… Je suis à peu près sûre que plusieurs d’entre vous ont déjà entendu au moins un de ces soi-disant conseils. À chaque fois, ça venait me chercher, mais je me retenais de lui répondre parce que ce n’était pas ma mère, mais celle de mon conjoint. Et même s’il était clair pour moi que nous n’avions pas les mêmes valeurs, je ne pouvais m’empêcher de penser qu’il y avait une part de vérité dans ce qu’elle disait puisque ses commentaires ne me laissaient pas indifférente.
Les conseils renforcent notre sentiment d’incompétence parentale
Aujourd’hui, avec le recul et l’expérience, je sais qu’en fait ses propos me déclenchaient parce qu’ils venaient appuyer sur mon sentiment d’incompétence parentale. Comme je ne m’étais jamais sentie à l’aise avec les enfants, que je n’avais jamais vraiment eu confiance en moi, la moindre critique sur ma façon d’élever ma fille était ressentie comme une attaque. Alors que maintenant, quand un commentaire me dérange, au lieu de réagir et de me mettre sur la défensive, je cherche à comprendre d’où ça vient, pourquoi cela me déclenche, ce que cela m’apprend sur ma façon de penser ou de fonctionner.
Chaque mère est unique, comme chaque enfant l’est aussi
« L’avis des autres, c’est la vie des autres »
D’ailleurs, il n’y a pas que les critiques ou les conseils qui peuvent déclencher de la culpabilité. Comme l’a écrit l’une d’entre vous sur cette page, il y a comme ça de « petites phrases qui se veulent gentilles et bien intentionnées que les gens nous lancent, et qui projettent sur nous leur vision ». Parce qu’en effet c’est bien de cela qu’il s’agit. Quand quelqu’un nous juge, que ce soit positivement ou négativement, il le fait à partir de son point de vue à lui, de son ressenti à lui, de ses valeurs, sans prendre en compte notre vérité, notre contexte. C’est pourquoi, peu importe nos choix au sujet de l’accouchement, de l’allaitement, des couches, de l’introduction des solides, il y aura toujours une personne pour penser qu’on ne fait pas la bonne affaire. De. Son. Point. De.Vue. À. Elle.
Assumer sa différence la tête haute
Alors on fait quoi? On assume ses choix et on se rappelle que nos réalités sont toutes différentes. C’est le secret du respect! Et on garde en tête que la meilleure mère pour notre enfant, c’est nous! Comme j’aime à le dire, il y a autant de façons d’être mère qu’il y a de mères. Et aucune n’est meilleure que l’autre. « Parce que, comme l’écrit Maude Michaud dans Mieux survivre à ta maternité, c’est en restant toi-même, dans toutes tes couleurs sombres et colorées, que tu vas façonner tes enfants. À grands coups de moments magiques, de rires, de larmes, de chicanes et de réconciliations. À travers les épreuves, les échecs ou les victoires. »
Et vous, avez-vous tendance à vous comparer? Êtes-vous sensibles au jugement des autres? Savez-vous ce qui vous déclenche?
N’hésitez pas à nous faire part dans les commentaires ou à nous en parler en privé dans le groupe Facebook de Mamans sans tabous.


