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 Repartir à zéro

le retour de mes règles

“La fin de toute chose est le début d’une nouvelle. Les phases de destruction anéantissent les limites qui me protègent. Ainsi, je sors de la stagnation pour créer du neuf en utilisant ma force vitale.”

Les quelques phrases issues de l’Oracle collectif des 13 mères originelles que je partageais hier sur ma page Facebook résument parfaitement ce que je vis depuis quelques semaines.

Le retour de mon cycle menstruel

Le matin de l’Halloween, mon cycle est revenu après quatre ans d’absence. Quatre ans où je n’étais plus soumise aux changements hormonaux, mais où je n’avais plus de libido non plus. Quatre ans où j’ai pratiqué intensément la méditation pour me reconnecter à mon corps. Autant vous dire que j’étais en joie quand mes règles sont revenues! Je pense bien n’avoir jamais été aussi contente de saigner de toute ma vie de femme! Sentir le sang couler dans mon vagin ouvert; me déposer sur la terre maman, sentir la connexion profonde qui nous unit…

Or, je pense que j’avais besoin de cette pause prolongée pour intégrer les enseignements du féminin sacré que j’ai découverts au cours de ma deuxième grossesse: saigner, c’est laisser tomber ses barrières; c’est faire le grand ménage chaque mois pour se débarrasser de ce qui ne sert plus.

Avec le retour de mon cycle menstruel, j’ai en effet le sentiment d’avoir bouclé un cycle de 7 ans et d’être arrivée à un tournant de ma vie. J’ai l’impression que mon rapport à la maternité est en train de changer, que la femme en moi est en train de supplanter la mère, que je peux laisser aller pour de bon la culpabilité que je ressens de ne pas aimer ma fille aînée autant que sa cadette; accepter que je manque de patience, que je pique des crises de colère, et arrêter de vouloir améliorer notre relation. Accepter que nous ne serons peut-être jamais proches l’une de l’autre et accueillir la tristesse que cela me fait vivre.

Et parce que tout cela ne me sert plus et que je souhaite le laisser partir, je me demande si ce projet a encore un sens pour moi…

Si je devais tout arrêter demain…

Le 1er décembre, Mamans sans tabous fêtera ses un an, deux jours seulement après que moi j’aurais soufflé mes 45 bougies. Et pour être totalement honnête avec vous, je ne sais pas si je vais poursuivre l’aventure.

Ce n’est pas seulement à cause de l’algorithme de Facebook qui joue en défaveur des Pages comme la mienne, même si j’avoue que cela m’attriste et m’épuise. C’est pourquoi, depuis quelque temps, j’essaie de faire passer mon blog sur WordPress afin de ne plus être victime du manque de visibilité sur les réseaux sociaux. Mais là aussi, ça bloque. Quand ce n’est pas la technique qui coince, c’est l’inspiration qui ne vient pas, ou même la motivation. Chaque fois que je me mets à travailler dessus, je sens que ça coince dans mon corps et que cela génère de la frustration plutôt que de la joie. Alors, je reporte à plus tard, à un moment plus propice. Mais je sens de plus en plus que ce moment ne viendra jamais, que telle n’est pas ma voie…

Comme le disait une amie entrepreneure récemment sur Facebook, quand on se heurte sans cesse à des résistances, c’est peut-être le signe qu’on n’est pas sur la bonne voie, qu’on fait fausse route. C’est le moment de se demander: “quoi d’autre est possible?” Car la vie a toujours d’autres plans pour nous, il suffit de rester à l’écoute.

Or, j’ai réalisé que si Mamans sans tabous s’arrêtait demain matin, je ne serais pas triste. Parce que j’ai le sentiment d’avoir été aussi loin que je le pouvais. Je suis fière d’avoir mis au monde ce projet, fière de toutes les prises de conscience qu’il m’a apportées, fière de ma capacité à prendre du recul, à comprendre mes fonctionnements et à me remettre en question, fière de tout ce que j’ai appris en chemin. Les croyances et les peurs dont je me suis libérée, et celles qui m’habitent encore, je les honore et je m’en félicite. Je suis fière d’avoir ouvert la voie à certaines d’entre vous, d’avoir contribué à libérer la parole sur la maternité, car telle était la mission que je m’étais donnée.

Pourtant, j’adore écrire sur la maternité sans fards. Le sujet me passionne et je sais qu’il interpelle de nombreuses mamans. Sans compter que cela me fait du bien à moi aussi. Écrire est une forme de thérapie. Mais nous sommes de plus en plus nombreuses à le faire. Alors peut-être que ma voie est ailleurs… Peut-être qu’il fallait que j’en passe par là avant de me rendre à ma vraie destination.

“Quelle est-elle?”, me demanderez-vous. Je l’ignore pour l’instant. Mais j’ai choisi de faire confiance à la vie, de me laisser porter.

Prendre une pause pour retrouver sa joie

Ce qui est certain en revanche, c’est que j’ai envie d’arrêter de nourrir ce qui me ronge pour mieux cultiver ma lumière. À force d’écrire sur la maternité, d’avouer haut et fort que je n’aime pas être mère, que ce rôle n’est pas pour moi, j’ai l’impression de m’être enfermée dans une nouvelle image de moi et de ne plus pouvoir en sortir. Or, ceux et celles qui me connaissent dans la vie, savent à quel point je suis de nature joyeuse. C’est ce qui m’a le plus frappée quand j’ai eu fini la lecture du livre d’Astrid Hurault De Ligny, Le regret maternel. Malgré tous les points communs entre son histoire et la mienne (et ils sont nombreux!), je suis profondément reconnaissante de ce qui m’arrive, et si c’était à refaire, avec tout ce que je sais aujourd’hui, je le referais. Parce que la maternité, aussi pénible soit-elle, m‘a transformée à un point que je n’aurais jamais cru possible. Et je bénis cette transformation! J’irais même jusqu’à dire que je n’ai jamais été aussi heureuse de ma vie. Mes filles me font grandir, et j’adore ça!

Or, je veux cultiver cette joie. Et parmi les choses qui me mettent en joie, il y a le chant et la danse. Depuis que j’ai lancé ce projet, je sais que je veux faire quelque chose autour de la musique, mais je ne sais pas encore sous quelle forme. Seulement, quand j’en parle, mon cœur se met à battre et mon visage s’illumine. Alors, je vais prendre le temps d’y réfléchir, de laisser cette envie profonde émerger. Parce qu’il s’agit d’un de mes rêves d’enfance.

Quand j’étais petite je rêvais de devenir chanteuse ou danseuse, mais timide comme j’étais, je n’ai jamais osé l’affirmer à mes parents. J’ai par contre toujours cultivé ces passions dans mon temps libre. Peut-être qu’il est temps pour moi de renouer avec elles…

Le retour de mon cycle me rappelle que tout est un perpétuel recommencement, que tout, dans la nature, suit un cycle de naissance, vie, déclin et mort. J’ai donc le droit de prendre une pause et même de repartir à zéro si je le désire. Elle est là la vraie liberté.

Envie d’aller plus loin?

Découvrez mon entrevue avec Émilie Bergeron, alias La guérisseuse

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