Article

Éloge de la lenteur

Éloge de la lenteur

“La grossesse, c’est l’éloge de la lenteur”.

Voilà ce que j’avais écrit sur Facebook un jour, alors que j’étais enceinte de 7 mois et que j’avais du mal à me déplacer rapidement à cause de ma grosse bedaine. Mais ce que je n’avais pas réalisé, c’est à quel point c’est essentiel de ralentir, à quel point ce passage obligé à un rythme plus doux, est salutaire dans nos vies surchargées.

Surtout à partir du moment où on a des enfants…

De l’importance de prendre son temps

Rappelez-vous: dans les premiers mois de vie de bébé, on est toujours en retard! Dès qu’on veut aller quelque part, il y a tellement de choses à préparer, de détails à ne pas oublier qu’on a du mal à partir à l’heure prévue; d’autant que bébé peut décider au moment où on s’apprêtait à franchir le pas de la porte de nous faire un gros caca ou une méga sieste, nous obligeant à retarder notre départ d’un heure ou deux!

Or, on oublie rapidement cette leçon. Dès que bébé grandit et qu’on reprend le travail, on replonge dans le rythme effréné qu’on avait avant et on finit par s’épuiser.

Pourtant, les enfants sont là pour nous le rappeler. Constamment. Il y a environ un mois, ma fille aînée me l’a encore fait comprendre.

C’était un samedi matin. On avait prévu d’aller Au Pays des merveilles avec une de ses amies. On voulait y être tôt pour profiter de la journée. Mais, moi, j’avais envie de méditer. Et au lieu d’écouter mon besoin et de prendre mon temps, je me suis mise à préparer un pique-nique alors que je n’en avais pas envie. Or, une fois son émission de télé terminée, ma fille n’a rien voulu savoir pour se préparer rapidement. Par son refus et son opposition, elle me montrait à quel point j’aurais dû m’écouter et suivre mon envie. Parce que si j’étais allée méditer, j’aurais été beaucoup plus à l’écoute de son besoin à elle et capable de la convaincre plus facilement de se préparer. Et d’ailleurs, si on est partis en retard, c’est surtout parce que j’avais lambiné en faisant plein d’autres choses que ce dont j’avais vraiment envie, car j’étais en réaction contre les événements. Prendre son temps, c’est essentiel.

Connaître son rythme pour mieux le suivre

Heureusement, la pandémie a obligé beaucoup d’entre nous à ralentir. Moi, elle m’aura apporté une de mes plus grosses prises de conscience des dernières années:  JE SUIS UNE TORTUE. J’ai BESOIN de prendre mon temps. Toutes les plus belles réalisations de ma vie, tous mes plus grands succès, je les ai atteints parce que j’ai pris mon temps. À chaque fois que j’ai dû faire un travail dans l’urgence ou pris une décision à la hâte, je me suis plantée.

D’ailleurs, quand j’étais petite, mon père m’appelait “long long” avec un air moqueur, sans se douter, lui qui – en bon bélier qu’il est – aimait toujours tout faire rapidement, que c’était en fait une de mes plus grandes forces, cette lenteur. Parce qu’elle me permet de prendre du recul, d’écouter mon corps, de voir les choses autrement et de faire les choix les plus appropriés.

J’ai donc passé mon enfance et une grande partie de ma vie adulte à trouver que je manquais de temps. Comme le reste de la société allait trop vite pour moi, j’avais l’impression de n’avoir le temps de rien faire. Mais c’est parce que j’essayais de suivre le rythme des autres. Et ce sentiment m’habite encore aujourd’hui malgré tout le temps dont je dispose en travaillant à mon compte. Parce qu’on vit dans un monde qui va beaucoup trop vite! Alors, imaginez ce qu’il en est quand on travaille à temps plein!

Se ménager des périodes de repos

Une de mes amies m’a récemment dit à quel point elle manquait de temps. Entre le travail en semaine et les corvées le week-end (lessives, devoirs, popotte, sorties au parc), elle n’avait plus grand temps pour elle. Elle remettait en cause son travail à temps plein, elle qui est maman de trois enfants.

Je la comprends tellement! Moi, j’ai CHOISI de travailler à temps partiel après mon premier enfant, parce que j’avais besoin de temps pour moi et pour faire les tâches domestiques à mon rythme.

Une autre maman, dans un groupe de discussion sur Facebook, songeait à prendre congé de son travail pendant 6 mois pour avoir le temps de se retrouver et demandait conseil. Moi je l’ai vivement encouragée à le faire. Parce que ça fait un bien fou! Je l’ai fait à trois reprises dans ma vie, et chaque fois ces périodes de repos ont été bénéfiques. Pour moi comme pour ma famille.

D’ailleurs, aviez-vous remarqué que les plantes cessent de pousser l’hiver. Alors, pourquoi devons-nous continuer de produire à longueur d’année? Pour faire tourner l’économie? Mais celle-ci n’est-elle pas censée être à notre service, et non l‘inverse?

Quand tout va trop vite…

On court tellement après le temps de nos jours que même dans des sphères où on devrait ralentir, on ne le fait pas.

Depuis quelques semaines, je suis une formation de respiration consciente sur les 7 chakras et je me sens déjà dépassée! Parce qu’on nous bombarde d’informations super intéressantes et pertinentes et de devoirs pour revisiter chacun de nos chakras en deux semaines de temps! Deux semaines pour guérir les traumatismes de toute une vie! Pourquoi tant de précipitation?

La créatrice de ce cours, Annie Langlois, ne cesse d’ailleurs de nous répéter que ça prend une vie à travailler sur soi, qu’il faut écouter plusieurs fois son contenu et explorer chaque jour. Mais, à moins d’arrêter le travail pendant les trois mois que dure la formation, qui a le temps de tout refaire d’une quinzaine sur l’autre? Même moi, je ne l’ai pas.

En fait, oui je l’ai, puisque j’ai choisi de travailler à mon compte. Mais je n’en ai pas envie. Parce que je veux y aller à mon rythme et garder du temps pour les autres choses qui comptent dans ma vie. Ainsi, parfois, quand on dit qu’on n’a pas de temps pour telle ou telle chose, c’est parce qu’au fond, ce n’est pas si important pour nous. Car lorsqu’on veut réellement quelque chose, du plus profond de son cœur, on va s’organiser pour dégager du temps dans son agenda et on va accepter toutes les contraintes qui vont avec. Parce que, comme le dit sophie Maffolini, “le temps n’existe pas”, c’est à nous de le créer.

Créer du temps

C’est le nom de sa dernière formation. Un titre alléchant. Quand j’ai vu passer son offre dans mes courriels, j’ai failli l’acheter tout de suite! Mais, je ne l’ai pas fait. Parce que malgré tout le temps que j’ai à ma disposition, je vois mal comment j’arriverai à caser ça à mon horaire, moi qui ai déjà 5 ou 6 formations à terminer! En n’achetant pas sa formation, je me crée du temps.

Car ce qui est terrible avec le temps, c’est que c’est un peu un serpent qui se mord la queue. Même moi qui ai plus de temps que la moyenne, j’ai parfois l’impression d’en manquer pour faire tout ce que j’aimerais. Parce que je me permets désormais de faire des choses que je n’osais pas me permettre avant et que je peux enfin aller à mon rythme. Et vu que je suis lente, je pense que je n’aurai pas assez d’une vie pour apprendre tout ce que je rêve d’apprendre, ni lire tous les livres que j’ai envie de lire!

Or, c’est justement cette peur du manque qui nous fait surcharger nos agendas. Parce que vivre, au fond, c’est faire des choix. C’est accepter qu’on ne peut pas tout faire et qu’il faut prioriser. Et si on consacre trop de temps aux choses qui ne sont pas essentielles, c’est clair qu’il ne reste pas de temps pour ce qui compte vraiment.

Quel est votre rapport au temps?

L’automne est la saison idéale pour faire ce bilan et ce grand ménage. Car la nature, elle aussi, nous montre la voie. Mais nous ne retenons que la frénésie de l’écureuil qui fait des provisions pour l’hiver, et pas le lâcher prise des arbres qui laissent aller leurs feuilles et ralentissent leur production de sève pour mieux renaître au printemps.

Alors, je vous invite à réfléchir aux questions suivantes:

  • Qu’est-ce qui est important pour vous?
  • Qu’est-ce que vous pourriez laisser tomber pour dégager du temps?
  • Qu’allez-vous laisser aller pour faire plus de place aux choses qui comptent vraiment pour vous?
  • Est-ce d’avoir une maison propre et bien rangée en permanence?
    • Un compte en banque bien garni?
    • Un travail passionnant mais drainant?
    • Ou plus de temps pour faire ce que vous aimez, réaliser un rêve qui vous tient à cœur depuis toujours ou tout simplement ÊTRE, avec un E majuscule…?
    • Prendre le temps de vivre pleinement, de goûter à chaque moment et d’en extraire la substantifique moelle, comme disait Rabelais?

Je vous laisse y réfléchir. À votre rythme.

Et si vous jugez que c’est important, prenez un peu de votre temps pour commenter cet article. Je prends toujours le temps de vous lire et de vous répondre. Parce que vous comptez beaucoup pour moi;-)

Bon début d’automne à toutes!

Envie d’aller plus loin?

Découvrez mes ressources pour faire le vide! 

Envoyez-moi un courriel à  en inscrivant REPOS en objet pour recevoir tous mes trucs pour mieux vous ressourcer.

Découvrez mon entrevue avec Céline Fournier, alias Celle qui parle à toutes ses relations

Partager cet article :
Inscrivez-vous pour recevoir mon infolettre

Vous serez tenues au courant de toute l’actualité de Mamans sans tabous : événements, articles de blog, épisodes de balado, ressources…

Vous pourriez aussi aimer lire :

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *