Quand on part en vacances, notre souhait le plus cher en tant que parent est souvent de pouvoir se reposer tout en profitant de beaux moments en famille. Seulement ce rêve semble parfois bien utopique, car les enfants peuvent ne pas réagir comme nous l’avions imaginé… Et c’est là que la mère en nous commence à culpabiliser… Ah! La culpabilité! Le sentiment le plus partagé par les mères de jeunes enfants! Depuis que j’ai lancé ma série d’entrevues D’une mère à l’autre, il n’y a pas une mère qui ne m’en parle pas!
Or, vous êtes-vous déjà dit que ce qui se passait n’était peut-être pas votre faute? Que vous n’aviez pas le contrôle sur tout?
C’est ce que j’ai réalisé lors de nos dernières vacances…
Une famille au bord de la crise de nerfs…
Depuis que nous sommes chez ma belle-sœur en Alberta, mes filles n’arrêtent pas de se chicaner au point où l’atmosphère familiale est devenue extrêmement désagréable.
Comme toutes les mères à qui cela arrive, j’ai tout de suite cherché à comprendre ce que j’avais fait de « pas correct » pour en arriver là…
Ma première hypothèse a été le manque de sommeil. Je me suis dit que j’avais peut-être sous-estimé le niveau de fatigue général de mes filles après une année d’école et de garderie sans grande pause (nos dernières vacances remontent à Noël et nous avons pris l’avion pour Calgary le dernier jour de classe).
Par ailleurs, dès les premiers jours de notre arrivée, nous avons beaucoup marché et ma plus jeune n’a pas vraiment eu l’occasion de faire des siestes à heure régulière. Elle avait atteint un tel niveau d’épuisement que même en auto elle ne parvenait pas à s’endormir, elle qui tombe d’habitude comme une roche au bout de quelques kilomètres…
Quand la culpabilité maternelle embarque
Comme la plupart des mères, je culpabilisais à fond de lui faire subir cela, d’autant que cela se traduisait en comportements désagréables (cris, pleurs, chicanes à la moindre contrariété), dont nous faisions tous les frais. J’entrais alors dans un cercle vicieux qui me faisait encore plus culpabiliser: comme je supporte mal les cris et le bruit, qui était constant vu que vous passions toutes nos journées ensemble, je finissais par « pogner les nerfs » et par crier à mon tour, ce qui ne faisait qu’augmenter les cris et les pleurs de ma fille.
Heureusement, à travers tout ça, j’ai trouvé le moyen de méditer dans le silence, ce qui m’a permis de recharger mes batteries, mais aussi de prendre du recul pour mieux comprendre ce qui se jouait ici. Et c’est là que j’ai réalisé que j’étais moi aussi plus fatiguée et plus irritable que d’habitude. Ma seconde hypothèse a donc été de penser que cela pouvait venir de moi puisque j’étais dans ma semaine prémenstruelle, ce qui pouvait expliquer en partie ma fatigue et mes sautes d’humeur. J’en ai donc déduit que ma sensibilité accrue se répercutait chez mes filles…
On n’a pas le contrôle sur tout
Toutefois, l’intensité de la crise me laissait penser qu’il devait s’agir d’autre chose. Et c’est en en parlant avec ma belle-sœur qui vit ici depuis des années que j’ai finalement compris ce qui se jouait réellement. Elle m’a ainsi appris que l’altitude pouvait être la cause de tous nos maux. En effet, Calgary est située à 1048 mètres d’altitude et Banff, où nous avons passé deux jours, à 1383 mètres d’altitude, alors que Montréal n’est qu’à 10 mètres au-dessus du niveau de la mer. Or à partir de 1000 mètres d’altitude, on observe chez certaines personnes plusieurs symptômes tels que des maux de tête, une fatigue, des nausées, une perte d’appétit ou une irritabilité, ce que mes lectures sur le sujet m’ont par la suite confirmé.
J’ai alors fait ce constat incroyable et si difficile à admettre pour nous les mères: CE N’ÉTAIT PAS DE MA FAUTE!!!
Si mes filles se disputaient autant, si je manquais autant de patience, ce n’était pas parce que j’avais failli à mon devoir de mère, c’était à cause d’un facteur extérieur sur lequel je n’avais aucun contrôle!!! Prendre conscience de cela m’a permis de sortir de ce cercle de culpabilité dans lequel je venais d’entrer et d’accepter beaucoup plus facilement les événements. Et à partir de là, tout s’est déroulé beaucoup plus facilement. Comme je ne m’en voulais plus, j’étais beaucoup plus détendue et prompte à accepter les sautes d’humeur de mes filles et les miennes.
Morale de l’histoire: arrêtons de culpabiliser et de penser que si nos enfants sont difficiles, c’est forcément notre faute. Apprenons à accepter que nous n’avons pas le contrôle sur tout et à relaxer.
Bonnes vacances à toutes, avec ou sans enfants!


