Ces jours-ci, la vie me ramène en pleine face une vérité que j’avais découverte le jour où j’ai accouché de ma première fille: le corps sait. J’avais déjà écrit un article sur ce sujet par le passé, mais force est de constater que la leçon n’avait pas été complètement assimilée!
Notre corps nous parle, mais nous n’écoutons pas toujours
Tomber malade: un redoutable signal d’alarme
Chaque année, je tombe malade pendant une bonne semaine tant mon corps est épuisé. Moi, qui suis d’ordinaire en excellente santé – mélange de bagage génétique généreux et de souci constant pour mon bien-être -, je succombe à chaque fois à une grosse grippe qui me cloue au lit.
La bonne nouvelle? Cela m’arrive à chaque fois un peu plus tard dans l’année. En 2023, quelques mois seulement après m’être lancée dans l’entreprenariat, je suis tombée malade en mars. En 2024, c’était en avril, au lendemain de l‘éclipse solaire. Et cette année, c’est en mai, mon mois le plus chargé sur le plan professionnel.
Quand on n’écoute pas, le corps parle plus fort
Certains contrats étant prévus depuis des mois, j’aurais pu prendre des mesures plus grandes pour prendre soin de ma santé, d’autant que je commençais à trouver que j’en faisais un peu trop dans les dernières semaines.
Mais pour moi, il n’y a pas de hasard. Si je tombe malade aujourd’hui, c’est que je n’ai pas écouté les signaux que m’envoyait mon corps jusqu’ici et qu’il a décidé de crier plus fort pour que j’arrête. Enfin. Pour que j’arrête de m’éparpiller dans 1001 projets, pour que je me concentre sur ce qui compte vraiment, pour que j’accepte enfin l’évidence: mon cœur vibre ailleurs depuis quelques mois.
Le corps ne ment jamais: il nous indique le chemin à suivre
Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que mon corps me parle aussi fort. Je me rappellerai toujours la fois où, alors que je me rendais au CÉGEP du Vieux Saint-Lambert où j’enseignais le français à des étudiants en formation continue dans des domaines très techniques, loin donc de mes centres d’intérêt, je me suis mise à pleurer sans plus pouvoir m’arrêter. Je venais de prendre conscience que je n’aimais pas ce travail, que j’y restais pour des raisons financières et par sens du devoir (je vous l’ai dit, j’ai horreur de briser mes engagements). Ce cri du cœur était si fort que j’ai donné ma démission en arrivant au collège.
Le sentiment de liberté que j’ai ressenti par la suite était incroyable: je venais de me décharger d’un gros poids. Et c’est ainsi que j’ai pu entamer ma première reconversion professionnelle vers le milieu culturel.
Le corps sait ce que l’âme veut
Quand la maternité ne vibre plus autant qu’avant
Aujourd’hui, si la maternité est encore un sujet qui me passionne, si j’aime toujours autant animer des causeries sur le sujet et rencontrer de nouvelles mamans, j’ai envie de faire autre chose. J’ai envie de renouer avec l’artiste en moi, que j’ai délaissée depuis de trop nombreuses années, la reléguant dans mes loisirs, alors qu’elle fait partie de mon essence depuis ma plus tendre enfance.
Si vous me suivez, vous savez que je rêve d’écrire mon propre livre. Mais force est de constater que depuis plusieurs mois, ce projet n’avance pas. Je me suis pourtant entourée d’un merveilleux cercle de femmes que j’ai appelé le Rendez-vous des écrivaines, car je sais à quel point écrire peut être solitaire et combien il est facile de perdre sa motivation quand on est seule face à la page blanche.
Quand ce que tu fais n’est plus aligné avec qui tu es devenue
Ce dont je me suis rendu compte à notre dernière rencontre, c’est que le sujet initial de mon livre, la maternité et ses tabous sous l’angle des enseignements autochtones, ne vibre plus autant qu’avant. Parce que je suis rendue ailleurs. Depuis que j’ai goûté à l’écriture d’un livre collectif en janvier, que j’ai fait mon tambour en février et que j’ai embarqué dans le projet d’Exposition-spectacle Sisters en mars, ma créativité s’est décuplée et j’ai de plus en plus envie de lui laisser toute la place.
Monter des programmes d’accompagnement pour aider les mamans et offrir des cercles de femmes ne m’attire plus autant qu’avant. Si je m’écoutais, je passerais mes journées à écrire, à chanter, à danser et à dessiner. Moi qui m’étais lancée dans l’entreprenariat pour être libre, je me rends de plus en plus compte qu’elle n’est pas là, la vraie liberté. Elle est dans le fait de faire ce qu’on aime du matin au soir. Et ce que j’aime, c’est créer.
Faire ce qu’on aime: la clé du bonheur
Ça vous parait futile et candide comme concept? Et pourtant! Depuis que je suis en quête de ma mission de vie, soit depuis que je suis devenue mère et que tout ce que je pensais connaître de moi a pris le bord, tous les maîtres que j’ai croisés sur ma route me répètent constamment que nous sommes toutes et tous arrivé.es sur terre avec une mission bien précise, que celle-ci est innée en nous, qu’il suffit de faire ce qu’on aime le plus pour être heureux et apporter notre contribution au monde.
La première fois que l’on m’a dit cela, j’ai tout de suite pensé au chant. Et puis, on m’a rappelé que j’étais une excellente pédagogue. Alors, j’ai cherché le sujet qui me passionnait à ce moment-là (le développement personnel et la maternité), et j’ai commencé à monter mon entreprise autour de ces deux piliers. Mais malgré tous mes efforts, cela ne vend pas. Du moins, pas autant que je l’espérais.
Quand tu n’écoutes pas ton intuition, la vie te ramène sur le chemin de ton âme
Et quand j’ai avoué à ma coach que je n’avais toujours pas trouvé le moyen d’intégrer le chant et la danse dans mon offre d’accompagnement, les bras lui en sont tombés. « Mais ca fait tellement partie de qui tu es! », m’avait-elle répondu alors. Et elle avait raison. Alors, j’ai commencé à trouver d’autres projets artistiques dans lesquels je pourrais m’épanouir. Mais plus j’avance, et plus je réalise que c’est vers cela que je veux aller, et que la maternité n’était qu’une étape sur le chemin.
La vraie transformation que j’ai vécue en devenant mère, et celle que je veux désormais offrir aux femmes, c’est de renouer avec leur essence profonde. D’ailleurs, ce n’est sûrement pas un hasard si les quelques clientes que j’ai attitrées jusqu’ici ne sont pas toutes mères, et ont fait appel à moi pour des enjeux différents de ceux liés à la maternité dont je parle abondamment dans mes écrits. Ce sont toutes des femmes en quête d’elles-mêmes. Comme moi.
Le corps est notre allié le plus précieux
Quand le corps lâche, tout devient plus clair
Or, depuis que j’ai pris conscience de cela dans les derniers jours, dans le cadre d’une masterclass animée par l’incroyable Sophie Chainel, et que j’ai décidé de tout mettre sur pause pour me concentrer sur ce qui me fait vraiment vibrer et redéfinir ma mission d’entreprise, mon corps a lâché.
J’ai l’intime conviction qu’il m’offre la possibilité de suivre mes élans et de tout quitter du jour au lendemain, ce qui n’est pas facile quand on est Générateur1 comme moi. En effet, j’avais dit que j’allais honorer toutes les causeries que j’avais de planifiées jusque début juin, mais j’ai dû annuler, non sans un pincement au cœur, celle que j’attendais depuis des mois: la conférence sur la parentalité biculturelle à la bibliothèque Marius Barbeau de Laval, une occasion en or de parler de maternité devant un public plus large et plus varié, et de loin le contrat le plus payant de mon année.
Le cadeau caché derrière la maladie
Derrière la tristesse de devoir dire adieu à ce rêve, et la culpabilité qui m’assaillait, moi pour qui l’engagement demeure une valeur maîtresse, il y a maintenant le soulagement de pouvoir enfin me consacrer à ce que je désire vraiment. Et vous savez quoi? Moi, qui n’arrivais jamais à trouver le temps d’écrire dernièrement, car je voulais avancer dans mes tâches pour pousser le développement de mon entreprise, je viens de passer l’après-midi à le faire, parce que c’est la seule chose pour laquelle j’ai assez d’énergie aujourd’hui. Je dirais même plus qu’en le faisant, je remplis ma batterie de satisfaction et donc d’énergie, car c’est une activité qui me nourrit au plus haut point.
D’ailleurs, quand j’ai lancé Mamans sans tabous, la première chose que j’ai faite avant même de bâtir mon offre de formation, ce fut d’écrire sur la maternité. Comme quoi mon âme savait déjà où elle voulait aller…
Le corps nous ramène à l’essentiel: écoutons-le!
Ce que je réalise depuis que je suis malade, c’est à quel point notre sens des priorités change dans ces moments de faiblesse qui nous ramènent dans le corps. On revient à l’essentiel sans l’ombre d’une hésitation, alors qu’en tant normal, on laisse notre cerveau prendre les commandes: « j’ai envie de faire ci, mais je dois absolument faire ca », « telle tâche me pue au nez, mais je n’ai pas le choix de la faire », « je vais m’attaquer d’abord à ce qui me pèse et ensuite je travaillerai sur ce que j’aime ». Erreur! Quand on suit les élans de son cœur et de son corps, on est deux fois plus efficace, car on vibre de joie en le faisant. Et après, on a suffisamment d’énergie pour s’attaquer au reste.
On en revient au message que je répète sans cesse dans ces pages, et qui me vient de l’aîné autochtone Dominique Rankin : « Donne-toi tout à toi en premier ». De la même façon qu’une maman devrait se soucier de son bien-être avant celui de ses enfants, pour être en mesure de mieux s’occuper d’eux, il revient à chacune d’entre nous de répondre à ses besoins et ses élans avant de s’occuper des autres. Partir de soi, c’est la clé. Car notre corps sait.
À la veille du cycle lunaire de Celle qui écoute, la 5e mère de clan dans l’ouvrage de Jamie Sans duquel est inspiré mon balado D’une mère à l’autre, je vous inviterai à prêter attention aux messages que votre corps vous envoie. Pour découvrir ce qui vous anime vraiment au fond, votre nature profonde.
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Sortie prévue le 27 mai 2025 sur la chaine Youtoube de Mamans sans tabous, Apple ou Spotify!
- En Design Humain, un Générateur est une personne qui a beaucoup d’énergie et répond à la vie, mais qui a aussi beaucoup de mal à lâcher. C’est un peu comme une locomotive qui avance à pleine vapeur et qu’on a du mal à arrêter. Pour en savoir plus: https://alinemaurer.com/design-humain-type-generateur/ ↩︎


