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La fin de l’allaitement : entre deuil et réjouissance

les changements corporels chez la maman

Cela fait un mois que je n’ai pas écrit d’article. Un mois! C’est rien dans une vie et pourtant ça me semble une éternité! Il faut dire que dans les dernières semaines, j’ai été pas mal accaparée par le lancement de mes cercles de parole, si bien que je n’avais plus de temps pour le reste. Mais c’est aussi que tout allait bien à la maison. Depuis quelque temps, j’ai l’impression que tout est plus fluide dans la relation avec mes filles. Et c’est tout aussi important de savourer ces moments d’harmonie retrouvée que de dénoncer ce qui ne va pas.

Pourtant, ce ne sont pas les idées qui manquent! Il y a même eu de grands changements dans ma vie et de nouvelles prises de conscience; des retrouvailles aussi avec des personnes que j’avais perdues de vue depuis trop longtemps. Mais comme ce serait trop long de parler de tout cela dans un seul article, je vous en ai préparé trois que je vais publier séparément pour ne pas vous assommer!

J’ai mis fin à mon allaitement au bout de trois ans

Le 14 avril, ma plus jeune a eu trois ans et j’ai cessé de l’allaiter. Je l’avais préparée à ce changement depuis le mois de janvier, car je savais à quel point elle était attachée à ce moment de tendre complicité entre nous. Bien sûr, elle m’a demandé du lait tous les jours pendant une semaine après sa fête, mais elle a fini par accepter. Et depuis, j’ai l’impression que mon bébé est devenu une petite fille.

Je ne suis pas triste d’avoir arrêté, car j’étais tannée. J’avais d’ailleurs tenté à plusieurs reprises de mettre un terme à mon allaitement l’année d’avant, avec plus ou moins de succès. J’ai compris par après que c’était parce que je le faisais pour les mauvaises raisons. Parce que sa sœur n’y avait eu droit que pendant un an et que je culpabilisais de lui en donner plus. Parce que mes amies, dont les enfants avaient le même âge que ma fille, avaient cessé d’allaiter. Parce que j’avais envie de retrouver mon corps, ma liberté de mouvement. Mais au fond de mon cœur de maman, je chérissais ce lien si particulier qui nous unissait. J’étais fière d’être la seule à pouvoir lui offrir ce réconfort, et je me sentais privilégiée d’avoir encore du lait alors que ma mère et ma sœur n’avaient pu allaiter leurs enfants que pendant trois mois.

Pourtant, je me sentais prisonnière. J’avais l’impression que mes seins appartenaient à quelqu’un d’autre. Je n’osais pas partir un week-end au complet de peur d’avoir les seins engorgés au retour. Et je me sentais coupable aussi d’avoir envie de mettre un terme à quelque chose auquel ma fille tenait tant! Je pense que je craignais de perdre un peu de son amour… C’est fou ce que l’allaitement peut engendrer comme sentiments contradictoires! Alors, j’ai pris mon temps, j’y suis allée par pallier, et à chaque fois, je lui répétais ce qui s’en venait. Et cela m’a aidée moi aussi à tenir ma décision et à être ferme une fois venu le moment d’arrêter. Je n’ai pas cédé à ses pleurs et à ses « sivouplait maman, je veux booby! ».

Les changements corporels liés à la maternité

Seulement voilà, même si je suis heureuse d’avoir tourné la page de ce long chapitre, même si je suis rassurée sur le fait que ma fille m’aime toujours autant, cela n’a pas été la grande libération à laquelle je m’attendais. Mes règles ne sont pas encore revenues et surtout mes seins sont devenus tout petits et flasques. Et ça, je ne l’avais pas vu venir… Moi qui étais si fière d’avoir une poitrine rebondie au point où je ne portais plus de soutien-gorge depuis un an, me voici aujourd’hui avec des seins mous et vides! Je suis sûre que je ne dois pas être la seule dans ce cas, mais on en parle peu.

La grossesse laisse des traces sur nos corps de femmes

Moi, ce sont mes seins qui me chagrinent; il y a en a d’autres pour qui c’est un ventre flasque, d’autres encore des hanches ou des cuisses pleines de vergetures. La grossesse, l’accouchement et l’allaitement laissent leurs traces sur le corps des femmes. Et ces traces, ces transformations que nous subissons, ne sont pas toujours faciles à vivre, car rien ne nous y prépare. Bien sûr, je savais qu’avec l’âge et l’allaitement prolongé, mes seins allaient perdre de leur élasticité. Mais j’avais cru que le changement se ferait petit à petit et non du jour au lendemain. C’est dur pour le moral. D’autant que veut veut pas, on a tendance à intérioriser le discours social qui cherche à effacer toute trace du passage de la maternité sur nos corps en nous poussant à retrouver rapidement notre silhouette d’avant, à redevenir la jeune femme séduisante que nous étions avant de devenir mères.

C’est ainsi que, dans ma tête, l’allaitement était une période de transition, une étape durant laquelle mon corps allait se transformer de manière temporaire jusqu’à ce que  mon enfant n’ait plus besoin de mon lait, pour redevenir ce qu’il était avant. Je n’avais pas réalisé que c’était là une utopie, que rien n’est figé, que tout se transforme. La femme que j’étais avant de devenir mère ne s’est pas seulement effacée pendant ces quelques années, elle s’est métamorphosée. C’est le cycle de la vie. Alors pourquoi nous faire croire le contraire? Pourquoi nous laisser entendre que la grossesse et l’allaitement sont des passages obligés mais temporaires et qu’il nous suffit de surveiller notre alimentation et de nous remettre au sport pour renouer avec notre ancien moi?

Probablement parce que si l’on nous disait toute la vérité, si l’on nous montrait ce que la maternité allait nous demander comme sacrifices, nous, les femmes, nous y penserions peut-être à deux fois avant de devenir mères…

Apprendre à aimer son nouveau corps

Alors, on fait quoi? On apprend à accepter ce nouveau corps et à l’aimer. On essaie de se voir à travers les yeux de notre enfant. Parce que c’est beau un corps de maman! C’est confortable aussi! Qui aurait envie de se blottir dans un corps sans bourrelets? Soyons fières de notre corps de maman, et peut-être qu’un jour nos filles apprendront à aimer leur corps d’adolescente et de future mère.

Heureusement, il y a des choses qui sont revenues dès que j’ai mis fin à l’allaitement. Comme ma libido par exemple qui avait complètement disparu à partir du moment où j’ai accouché. Un autre « effet secondaire » de la maternité qu’on se garde bien de nous annoncer! Évidemment, cela ne concerne pas toutes les femmes, mais d’après ce que j’ai constaté autour de moi, on est quand même assez nombreuses à connaître des dérèglements hormonaux dans la période post-natale. Il y a celles qui retrouvent leurs règles dès le premier mois (ce qui, en soi, n’est pas forcément un cadeau non plus!), et à l’autre extrême celles qui comme moi n’ont pas leur retour de couches avant un bon bout! Et qui dit pas de règles dit aussi bien souvent pas de désir, donc pas de vie sexuelle. Quand ça fait trois ans que ta libido est au ras des pâquerettes et que t’as pas envie de faire l’amour, ça met ton couple à rude épreuve! Heureusement que j’ai un mari d’une patience infinie! J’en connais d’autres qui n’auraient pas attendu si longtemps avant d’aller voir ailleurs…

Le début d’un nouveau cycle

Ainsi, je viens de boucler un cycle et d’en ouvrir un nouveau. Et ce n’est probablement pas un hasard si la fin de mon allaitement a coïncidé avec le lancement de mes cercles et le début de mon projet entrepreneurial. La mère en moi a enfin pu céder la place à la femme active, celle qui reprend son pouvoir et travaille à son épanouissement plutôt qu’à celui de ses enfants.

Parce que cette femme-là est toujours bien vivante. Elle fait partie de moi, même si ces dernières années, elle restait cachée dans l’ombre de la mère, celle qui donne tout sans compter, qui se lève encore la nuit quand son enfant pleure, qui entend son nom prononcé plus de 47 000 fois par jour (« maman, maman!), qui fait passer les besoins des siens avant ceux des autres. Celle qui s’oublie un peu trop souvent…et qui du coup s’emporte un peu trop à son goût.

Nos corps changent, nos rôles évoluent, nos priorités aussi, mais au fond de nous, nous sommes une : femme, mère, travailleuse. Je vous en reparle plus en profondeur la semaine prochaine:-)

D’ici là, dites-moi : quels changements la maternité a entraînés dans votre corps, dans votre vie? La femme ou la travailleuse s’est-elle compètement éclipsée devant la maman ou réussissent-elles à cohabiter? J’ai hâte de vous lire!

Envie d’aller plus loin?

Découvrez mon entrevue avec Émilie Bergeron, alias La guérisseuse

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