« Ce soir j’ai dit ta yeule à ma fille…. Après une grosse comédie parce qu’on ne veut pas commander de pizzas dominos… elle gueulait et j’en avais assez! Je lui ai dit ta yeule…. Quelle mère…. »
Ce commentaire ne vient pas de moi, mais d’une amie qui en avait gros sur le cœur mercredi dernier. Pourtant, j’aurais pu écrire la même chose. Parce qu’à peine une heure après l’avoir écoutée et rassurée, j’ai eu droit à une méga crise de mes deux filles moi aussi au point où je me suis mise à hurler pour qu’on me laisse parler. Parce que je n’en pouvais plus d’entendre les deux se plaindre en même temps.
Les femmes sont le miroir les une des autres
La dernière pleine lune a été particulièrement intense chez nous entre la pluie verglaçante, le manque d’électricité pendant deux jours, les filles à la maison pendant quatre jours, les multiples visites et activités pour le congé pascal…
Vos défis sont les miens
Et à lire les nombreux aveux d’autres mamans dans différents groupes Facebook, je réalise à quel point nous vivons toutes la même chose en ce moment. Parce que les énergies du mois sont intenses et que nos enfants et nous les ressentons. Pas seulement, en tant que mères d’ailleurs, mais dans tous les aspects de notre vie. Hier, par exemple, lors d’un échange avec d’autres femmes entrepreneures, j’ai été surprise de voir à quel point nous vivions les mêmes affaires. J’ai beaucoup pleuré mais j’ai beaucoup ri aussi en compagnie de femmes qui m’ont révélé mes plus grandes forces et mes plus grandes failles.
Parce que les femmes sont les miroir les unes des autres. Je le constate énormément depuis quelques jours. Ce que l’une ressent, je le ressens aussi. Les difficultés qui sont les siennes, je les vis moi aussi. Sa souffrance fait écho à la mienne. Sa joie aussi.
Pour un retour à la sororité
C’est pour ça que la sororité est essentielle. Parce qu’il n’y a rien de mieux qu’une femme pour comprendre ce que ressent une autre femme. Oui, il existe des thérapeutes de sexe masculin à la sensibilité accrue, mais leur intelligence émotionnelle, leur expérience et leurs diplômes ne remplaceront jamais la reliance qu’il y a entre femmes : ce sentiment de comprendre les choses de l’intérieur, comme si on était dans la peau de l’autre.
Les cercles de femmes: un outil puissant de guérison
Pourtant, je n’ai pas toujours été une adepte des réunions entre femmes. Je trouvais cela un peu « cucul ». Dans ma tête, les femmes entre elles ne faisaient que se plaindre, dénigrer les hommes et se critiquer les unes les autres par derrière. Alors, je cherchais plutôt la compagnie des hommes dans mes différentes activités. Quand j’ai décidé de reprendre la chorale en 2009, j’ai expressément choisi une chorale mixte. Et quand est venu le temps pour moi d’intégrer un cercle de parole dans le cadre de mon parcours avec les sagesses autochtones, même chose : je voulais des hommes dans mon cercle. En vain. Alors, je me suis résignée à faire partie d’un cercle composé uniquement de femmes.
Se réunir entre femmes est libérateur
Et c’est là que j’ai découvert toute la puissance et toute la richesse qu’il y a à se réunir entre sœurs!
Il y a d’abord cette écoute bienveillante, si propre aux femmes, ce sentiment d’être entendue quand on nomme quelque chose, cette espèce de connivence. Se confier en sachant que l’autre va nous écouter sans nous interrompre, en voyant dans son non verbal qu’elle ressent dans sa chair ce que nous ressentons. Mais il y a surtout les effets de miroirs qui sont hallucinants. Dans tous les cercles dont j’ai fait partie, entendre les histoires des autres m’a permis de comprendre beaucoup de choses sur ma propre histoire. À maintes reprises, l’aveu de l’une ou de l’autre m’a permis de mettre le doigt sur ce que je vivais et de me libérer d’un poids. Et cela m’a donné le courage d’avouer à mon tour des choses que je n’avais jamais osé dire à personne avant, pas même à mon mari.
Une façon de toucher à sa puissance de femme
Être entre femmes est libérateur, mais cela nous permet aussi de toucher à notre puissance, à la puissance d’être femmes. Celle que les hommes nous ont volée parce qu’elle leur faisait peur. Celle que des siècles de patriarcat ont tenté d’annihiler en tuant les sorcières et en nous cantonnant dans des rôles de femmes au foyer, juste bonnes à s’occuper de la maison et des enfants, quand certaines d’entre nous avaient d’autres aspirations. Cette puissance que je ressens chaque fois que je chante avec les autres femmes de ma chorale.
C’est cette puissance, cette force qu’il y a dans la maternité que je veux réveiller en nous et cultiver.
C’est pourquoi je me décide enfin, après des mois de tergiversation, à lancer mes propres cercles de parole. Restez à l’affût!
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