Hier, c’était la Fête des pères et j’ai réalisé à quel point je sous-estimais cette fête et l’importance des pères dans la vie de nos enfants.
Parce que j’ai une relation difficile avec mon père. Parce que je trouve ça dur d’être maman et que j’ai toujours l’impression que la charge est plus lourde sur nos épaules à nous, les mères. Parce que la parentalité, ce n’est pas quelque chose dans lequel je m’épanouis au contraire de mon chum.
Et pourtant, un bon papa peut vous aider à être une meilleure maman. Et ce n’est pas en opposant les deux qu’on va aider nos enfants à s’épanouir. Car s’il y a une personne qui aime autant nos enfants que nous, c’est bien leur papa. Et je suis de plus en plus convaincue que plus nous leur cèderons la place, plus notre job de maman sera légère. Parce que, même si c’est plus rare, il existe aussi des papas solos. Des papas gâteaux. Des papas poules. Des papas câlins. Et parce que tout est dans l’équilibre entre le masculin et le féminin, comme l’aime à me le rappeler Dominique Rankin, l’aîné autochtone dont j’ai suivi les enseignements.
Arrêtons d’en vouloir aux hommes!
Ces mamans qui malmènent les hommes
Depuis que j’ai démarré ce projet, je lis beaucoup sur la parentalité et je m’intéresse à ce que les autres mamans écrivent sur le sujet dans divers groupes Facebook. Or, bien souvent, je suis triste de constater à quel point les pères sont malmenés. Je suis bien consciente qu’il y a encore de nos jours un grand déséquilibre entre les hommes et les femmes quant à la charge mentale, au salaire, aux attentes de la société envers nous, qu’il y a encore de la violence conjugale même, du chantage de toutes sortes. Beaucoup de mères craignent de quitter leur conjoint parce qu’elles ont sacrifié leur carrière pour élever les enfants et risquent de se retrouver dans une situation précaire financièrement. Mais ce qui m’attriste dans tout ça, c’est que lorsqu’une femme a vécu une mauvaise expérience avec un homme, elle tend à tous les mettre dans le même panier et à en vouloir aux hommes en général. Même les féministes qui dénoncent le système patriarcal dans lequel on vit comme étant à l’origine des déséquilibres hommes-femmes ont tendance à penser que les hommes en portent la responsabilité, du fait de leur sexe. Or, c’est oublier que de nombreuses femmes entretiennent aussi ce système, souvent inconsciemment. Il suffit de voir la réaction des Françaises comme Catherine Deneuve lors de la vague des Me too (« Balance ton porc ») en France.
Pour la solidarité hommes-femmes
Comment veut-on sortir de ce système qui entretient les inégalités entre les sexes si on s’attaque aux hommes dans l’ensemble? Comment leur faire comprendre ce que nous subissons depuis des siècles, nous les femmes, si nous nous comportons avec eux de la même façon que l’ont fait leurs ancêtres? Et comment les rallier à notre cause si nous les rendons responsables de nos malheurs? Car je suis convaincue que nous avons besoin d’eux pour retrouver l’équilibre. C’est ensemble que nous y arriverons. Penser le contraire, continuer à les considérer comme nos ennemis, nos bourreaux, c’est adhérer au système et le perpétuer sans s’en rendre compte.
Un héritage qui nous vient du patriarcat
Or, quand j’écris cela, j’ai conscience que j’en fais autant. Moi, j’ai la chance d’avoir un conjoint merveilleux qui est aussi un papa exceptionnel. En revanche, comme je l’écrivais plus haut, je ne peux pas en dire autant de mon père. J’en veux beaucoup à mon père pour tout un tas de choses. J’aurais aimé qu’il soit plus doux, plus affectueux, qu’il s’intéresse à ma vie amoureuse ou à mes amis, qu’il m’encourage dans mes passions même si elles étaient aux antipodes des siennes, qu’il ose partager ses émotions avec moi. Mais je n’ai pas eu ce père-là. Alors, j’ai grandi avec une image plutôt négative des hommes…jusqu’à ce que je rencontre mon mari qui lui est tout le contraire de mon père. Je suis fière d’avoir donné à mes filles le père que j’aurais aimé avoir. Fière et jalouse un peu… Parce que la confiance en elles dont elles font preuve, moi j’en ai terriblement manqué et j’en manque encore. Parce que je ne me sentais jamais tout à fait à la hauteur des attentes de mon père.
Faisons la paix avec notre enfance!
Ce que mon père m’a apporté malgré nos différends
Et pourtant… pourtant, plus les années passent, plus je réalise tout ce qu’il m’a apporté. Plus les années passent, plus je constate que je lui ressemble sur de nombreux points. Plus les années passent, plus je comprends ce qui l’a poussé à agir comme il l’a fait. Plus les années passent, et plus je reconnais que j’ai eu de la chance, que j’ai été choyée. Parce que son indifférence m’a appris à ne plus chercher l’approbation des autres, parce que sa difficulté à être dans le cœur m’a poussée à retrouver le mien, parce que sa tendance à toujours me pousser plus loin m’a amenée là où je suis aujourd’hui. Ma force de caractère, mon leadership, ma ténacité, c’est de lui que je les tiens. Mon amour pour le sport, quoiqu’il en dise, c’est de lui que ça vient. Ma capacité à me remettre en question aussi. Mon irrépressible besoin de liberté, c’est lui.
C’est devenu tellement clair pour moi dernièrement qu’il m’arrive parfois de le voir s’exprimer à travers moi : l’autre jour, alors que je racontais tout ce que j’avais fait le matin à mon mari, j’avais vraiment l’impression d’entendre parler mon père : je m’exprimais avec le même enthousiasme, les mêmes intonations, les mêmes expressions aussi. Ça m’a frappée : que je le veuille ou non, je suis bien la fille de mon père, avec ses qualités et ses défauts.
De la difficulté d’être mère
Et depuis que j’ai fait ce constat, j’ai compris pourquoi je trouvais ça si difficile d’être une mère. Je n’ai pas la douceur qu’on associe généralement au sexe féminin. Je n’ai pas l’esprit de sacrifice comme ma mère. Je suis câline oui, mais je suis aussi impatiente, colérique parfois, sèche dans mes propos (surtout quand j’ai faim!), directive. Comme l’était mon père avec moi. J’ai du mal à gérer les émotions négatives de mes filles et les miennes aussi. Comme mon père. J’ai du mal à connecter avec mon aînée, car elle s’intéresse à des choses qui m’intéressent moins. Comme mon père avec moi. Je trouve ça difficile d’être mère parce que je suis à la fois la figure d’autorité et la figure d’amour, alors que j’ai grandi dans une famille où l’une était incarnée par mon père et l’autre par ma mère. Contrairement à mon père, j’ai du mal à être celle qui joue le mauvais rôle pour mieux se faire respecter et inculquer les règles. Parce que j’ai un profond besoin d’être aimée. C’est pour cela que j’ai beaucoup de difficultés à mettre mes limites avec mes enfants.
Guérir ses blessures
Et puis, j’ai compris que même s’il ne me l’a jamais dit, mon père m’aime, à sa façon. J’en ai eu une démonstration dimanche quand je l’ai appelé pour la Fête des pères. Il s’est excusé d’avoir pris du retard dans la lecture de mon blog et m’a fortement suggéré d’écrire un livre. Parce que même s’il ne commente rien, il lit tous mes articles. Parce qu’il aime ma façon d’écrire. Parce qu’au fond c’est mon plus grand fan. Et ce depuis toujours : depuis le Journal de bord que j’avais rédigé lors de mon voyage au Maroc avec mes grands-parents.; depuis les longues lettres que je lui écrivais quand je partais camper loin de lui pendant les vacances d’été. Il est fier de moi, et de tout ce que je fais, même si je n’ai pas suivi les études qu’il aurait aimé que je fasse. Et cette fierté qu’il ressent à mon égard, je sais que c’est sa façon à lui de m’aimer. Parce que c’est aussi ce que j’éprouve vis-à-vis de ma fille aînée.
Réconcilier le masulin et le féminin en nous
Guérir sa relation aux hommes
Depuis que j’ai choisi de guérir mes lignées, et que j’ai commencé à m’intéresser de plus près au développement personnel et à la spiritualité, j’ai toujours cherché à « corriger les erreurs » de mon enfance. Je croyais naïvement que j’allais faire entendre raison à mes parents, leur faire comprendre ce qui m’avait fait souffrir, et que notre relation allait enfin ressembler à celle dont j’ai toujours rêvé. J’ai vite compris que je faisais fausse route et que la guérison allait venir de moi, que cela partait de l’intérieur. On ne peut pas changer son passé; on apprend juste à vivre avec, à l’accepter et à en tirer les leçons qui s’imposent.
Mais ce que j’ai découvert de plus lors d’une constellation familiale que j’ai faite il y a un peu plus d’une semaine, c’est que l’origine de mes blessures est bien plus profonde que cela. Ce ne sont pas mes parents qui sont responsables des difficultés et des épreuves que j’ai rencontrées dans la vie – car dans le fond, j’ai tout de même eu une enfance heureuse entourée de parents aimants –, mais mon incapacité à concilier en moi le masculin et le féminin, la force et la douceur, la raison et le cœur, l’action et l’accueil.
Faire la paix avec toutes les parties de soi
C’est en faisant la paix avec toutes ces parties de moi que je réussirai à être une meilleure personne, une meilleure maman. Et cela vaut pour chacune d’entre nous : que l’on ait fait le choix d’avoir des enfants seule ou en couple, tâchons d’accueillir toutes les parties de notre personnalité, tous les rôles que nous endossons. Ce n’est qu’en le faisant qu’on sera en mesure d’accepter les hommes tels qu’ils sont et de leur redonner la place et le rôle qui leur appartient et de trouver les nôtres, nous les femmes.
Envie d’aller plus loin?
Découvrez mes ressources pour faire la paix avec votre enfance!
Envoyez-moi un courriel à en inscrivant RESSOURCES en objet pour recevoir un beau cahier d’exercices sur le sujet!


