Depuis que j’ai arrêté d’allaiter ma plus jeune, j’ai été pas mal plus active au niveau professionnel. Et ce faisant, j’ai redécouvert le méchant casse-tête de la conciliation travail-famille.
La difficile conciliation travail-famille
Quand on y pense, c’est plutôt un jonglage permanent entre les obligations familiales, domestiques et professionnelles qui nous oblige à faire preuve d’une dextérité plus grande que celle de tous les artistes de cirque réunis et qui nous fait courir partout comme une poule pas de tête du matin au soir pour finir la plupart du temps complètement vidée en fin de journée… pour recommencer le jour d’après, et le suivant sans pause la fin de semaine puisque les enfants sont avec nous à temps plein pendant deux jours! Ouf! Ça n’a d’ailleurs pas de sens d’appeler cela la « conciliation travail-famille », car c’est impossible de tout concilier. Et quand on y arrive, c’est au prix de notre temps personnel et/ou de notre temps de couple.
Mais on nous fait croire que c’est possible parce que la société a besoin de nous. Oui, les femmes ont le droit aujourd’hui, du moins en Occident, de s’épanouir dans leur carrière; oui, elles disposent d’appareils ménagers qui les déchargent d’une grande partie des tâches domestiques, leur permettant de consacrer plus de temps à des tâches plus gratifiantes, mais… à quel prix? Car on ne va pas se le cacher : malgré l’amélioration des conditions de vie et l’implication toujours plus grande des pères dans la vie de famille, la charge mentale et familiale repose en grande majorité sur nos épaules à nous, les femmes. Et malgré cela, on attend de nous la même productivité que celle des hommes, qui en ont moins à gérer.
Or, cette course à la productivité nous éloigne des vraies priorités. J’ai pu y goûter moi-même ces dix derniers jours. Parce que j’ai écouté les conseils d’experts en marketing, parce que j’ai voulu jouer le jeu de Facebook pour gagner en visibilité et promouvoir mes cercles, parce que j’étais persuadée qu’en travaillant d’arrache-pied, j’allais obtenir des résultats, j’ai perdu de vue l’essentiel : je fais ce que je fais pour entrer en connexion avec les autres mamans, je le fais parce que ça me nourrit profondément et que cela me permet d’être libre, de travailler selon mon rythme, mon niveau d’énergie, mon inspiration, mes besoins et mes désirs. Et en perdant cela de vue, je suis devenue esclave de mon entreprise. Et c’est là que j’ai compris la phrase d’une des membres de mon groupe : « ce qui me manque le plus, c’est le temps pour éduquer mes enfants comme je le souhaite ».
La gestion du temps : un des maux de notre siècle
Mais plutôt que de se demander pourquoi on a tant de souci avec ça, plutôt que de s’attaquer à la racine du problème, on nous propose 1001 remèdes pour apprendre à « gérer » son temps. Mais le temps, c’est comme les émotions : oui, ça se gère, mais le mieux c’est encore de faire en sorte qu’on n’ait pas à les gérer. Le mieux, c’est de prendre son temps.
Moi, j’ai choisi d’être à mon compte pour travailler à mon rythme, parce que je sais que si je n’ai pas de temps pour moi, je ne serai pas en mesure d’offrir à mes filles ce que je souhaite leur donner : une maman sereine qui peut jouer avec elles, les écouter et répondre à leurs besoins sans avoir l’impression de se sacrifier au passage. Parce que sacrifier mon bonheur, faire un trait sur mes aspirations pour leur bien, c’est leur envoyer le message que pour rendre les autres heureux, il faut taire ses désirs. Alors que je suis intimement persuadée que c’est en cultivant ses passions et en prenant soin de soi et de ce qui nous fait vibrer qu’on est plus à même de prendre soin des autres.
Et pourtant, pendant les dernières semaines, j’ai sacrifié mon temps personnel; j’ai mis sur pause des activités qui me font un bien fou juste parce que ça ne rentrait pas dans mon horaire. Je suis redevenue cette adulte trop pressée qui tire la main de son enfant alors que celui-ci prend le temps d’admirer chaque fleur et chaque papillon sur son passage; cette adulte qui pense productivité et résultats plutôt que processus et moment présent (petit clin d’œil à Sarah Hamel). J’ai voulu suivre le rythme que nous impose la société au lieu du mien, et j’en ai perdu ma liberté et mon bien-être.
Revenir à l’essentiel
Alors cet été, je vais ralentir à nouveau. Pour mieux profiter de mon jardin et de mes filles. Pour faire les choses à mon rythme. Pour prendre le temps de me retrouver, de me ressourcer et de développer une véritable connexion avec les mamans de mon groupe privé que j’ai un peu trop abreuvé de messages promotionnels dans les derniers jours. Et pour retrouver ma sacro-sainte liberté;-)
Et vous, qu’allez-vous faire pour prendre soin de vous et vous sentir enfin libres?


