La semaine dernière, je vous disais à quel point je rêvais d’une Fête des mères sans enfant. Mon amie Mélanie, elle, rêve d’un week-end au complet pour célébrer ses 40 ans! Pour pouvoir se lever à l’heure qu’elle veut, manger ce qu’elle veut quand elle veut, avoir de vraies discussions d’adultes sans être interrompue toutes les 5 minutes, boire autant de cocktails que son cœur désire et se coucher à pas d’heure sans craindre d’être hang over le lendemain matin!
D’ailleurs, quelque chose me dit qu’on n’est pas les seules à avoir de tels fantasmes… Parce que le manque de liberté est le sentiment qui revient le plus souvent chez les mamans de mon groupe.
La maternité nous prive de notre liberté
Plusieurs avouent avoir fait le même constat que moi : la maternité nous fait prendre conscience de notre immense besoin de calme, de liberté et de temps seule. Parce que tout ça disparaît très vite quand on devient maman. Et souvent, c’est à l’issue d’une dépression post-partum qu’on s’en rend compte. Moi, c’est dans le bureau d’un psychologue que j’ai fait le constat suivant : s’il y a bien une situation irréversible dans nos vies, c’est la maternité. Parce que des enfants, on ne peut les retourner au magasin s’ils ne font pas notre affaire. Quand on les a, c’est pour la vie. Et cette responsabilité pèse lourd sur nos épaules. Elle nous enchaîne.
Parce qu’un enfant, ça prend de la place. Ça vous interrompt quand vous parlez. Ça vous demande sans cesse quelque chose. Ça vous contraint à mettre en place une certaine routine. Ça met fin à la spontanéité des week-ends en amoureux ou des sorties à l’improviste. Bref, ça vient avec tout un tas de contraintes qui vous enlèvent le sentiment d’être libres de vos mouvements, et parfois même de vos décisions.
Et bizarrement, les pères ne semblent pas souffrir de ce manque de liberté, du moins pas autant que nous, les femmes.
Pourquoi, me direz-vous?
L’inégalité homme-femme devant la parentalité
Faire passer les autres avant soi
Parce que depuis toujours, les femmes ont tendance à faire passer les besoins des autres avant les leurs. Et qu’on attend d’elles qu’elles continuent à le faire, même si ce n’est pas dans leur nature. Parce que même si nous vivons aujourd’hui dans une société de droit qui garantit notre liberté à tous et à toutes, il y a encore dans les mentalités une distinction entre hommes et femmes.
C’est cette distinction qui fait qu’on trouve normal qu’un homme ne veuille pas avoir d’enfants alors que lorsqu’il s’agit d’une femme, on s’interroge : “est-ce qu’il y a quelque chose qui ne tourne pas rond chez elle? Est-ce qu’elle ne risque pas de se réveiller un jour en se disant qu’il est trop tard et de regretter sa décision?” C’est cette distinction qui fait qu’en cas de séparation, on trouve normal que ce soit la mère qui ait la garde des enfants. C’est cette distinction enfin qui fait en sorte qu’un homme peut sans problème s’absenter ou faire passer son travail avant sa famille alors qu’une femme qui en ferait autant se ferait aussitôt traiter de « mauvaise mère ».
Comme le dit si bien cette mère juive, dans l’excellent livre d’Orna Donat, Le regret d’être mère : « Une femme, une fois qu’elle a un enfant, renonce à beaucoup de choses auxquelles un homme n’a pas à renoncer. »
Devoir choisir entre sa carrière ou ses enfants
Beaucoup de femmes, en effet, ne se sentent plus libres de faire carrière une fois qu’elles ont des enfants. Elles se sentent obligées de mettre sur pause leurs aspirations professionnelles le temps que leurs enfants grandissent, alors que leurs conjoints, eux, ne ressentent pas cette pression sociale. Souvent, c’est la peur du jugement des autres qui influence leur décision. Et avec raison : même celles dont les enfants ont grandi se font souvent critiquer et traiter de carriéristes quand elles décident de s’épanouir professionnellement. Qu’un père soit moins présent pour ses enfants à cause de son travail, passe encore, mais une mère? Pourtant, on est deux à faire le choix d’avoir des enfants, et ces derniers ont autant besoin d’un père que d’une mère.
Celles qui en revanche choisissent, comme moi, de rester à la maison, se font d’ailleurs juger elles aussi : on leur reproche souvent de mettre leurs aspirations de côté sans penser une seconde que la vraie liberté, le véritable épanouissement pour elles se trouve peut-être dans le refus de suivre le rythme effréné que nous impose la société actuelle. Parce que soyons réaliste : ce n’est pas facile de mener de front une vie de famille ET une carrière sans risquer le burn-out.
La vraie liberté réside dans nos choix de vie
Durant la pandémie, ce sentiment de liberté était encore plus étriqué. Il y avait tellement de choses qu’on ne pouvait plus faire, d’endroits qu’on ne pouvait plus fréquenter, tellement de règles à respecter. Et puis, on passait des semaines entières avec nos enfants à la maison à chaque fois qu’un soupçon de COVID apparaissait. Et pourtant, c’est dans ces moments où notre quotidien était bouleversé, où on ne savait plus quoi faire pour s’occuper que certaines d’entre nous ont redécouvert de nouvelles formes de libertés : celle de pouvoir refuser les invitations des uns et des autres, celle de pouvoir travailler en pyjama depuis le confort de chez soi aux heures qui nous conviennent. Un peu comme Nelson Mandela qui a découvert le véritable sens de la liberté pendant ses années de prison.
Parce qu’au fond, la liberté, c’est dans la tête que ça se crée. Et dans les choix qu’on fait.
Plus nous serons nombreuses à affirmer haut et fort nos choix, sans craindre le jugement des autres, plus nous nous battrons pour mettre en place des mesures telles que le congé parental ou les garderies subventionnées qui nous permettent de continuer à travailler, plus nous gagnerons en liberté. Et plus nous serons heureuses et nos enfants avec!
Alors, dites-moi : quel choix allez-vous faire demain pour vous sentir plus libre?


