Une expression qui nous vient des autochtones
Une expression que j’utilise souvent, mais que certaines d’entre vous ont peut-être du mal à saisir.
Elle me vient de mes chers amis autochtones, Marie-Josée Tardif et Dominik Rankin. On parle aussi de chemin rouge, rouge symbolisant le peuple autochtone. C’est un chemin guidé par la spiritualité et le respect de la Terre. Dominik Rankin dit souvent: “rentrer à la maison”, une expression toute simple pour dire qu’il s’agit de revenir à soi, à sa véritable essence. La plupart des femmes que je suis et que je vous ai présentées dans le cadre de ma série D’une mère à l’autre l’emploient beaucoup aussi. Cela fait écho à l’intention que j’avais posée il y a quelques années, quand je suis entrée à pieds joints dans le féminin sacré, qui était de guérir mes lignées.
Un parcours souvent escarpé…
Mais très vite, je me suis rendu compte que guérir ses lignées, ça commençait par se guérir soi. Car tout part de soi. A alors commencé pour moi un parcours pas toujours facile à la rencontre de mes blessures d’enfance, de mes limitations et de mes croyances; un parcours qui m’a fait découvrir les côtés sombres de ma personnalité, ceux que trop de gens préfèrent cacher sous le tapis, de peur de réveiller un monstre. Et je les comprends. Sincèrement.
Pendant longtemps, j’ai porté un regard négatif sur toutes ces personnes, comme mon père, qui préfèrent faire comme si de rien n’était au lieu d’affronter leurs démons. Moi qui ai toujours été animée par un désir de me connaître, de comprendre mes réactions et d’améliorer mes travers, j’avais du mal à accepter qu’on préfère se voiler la face plutôt que de plonger dans sa vérité, aussi difficile à entendre soit-elle.
…qui n’est pas donné à toutes
Mais aujourd’hui, je comprends. Et je compatis davantage. Partir à la découverte de soi n’est pas un chemin facile. Ça demande du courage et de la volonté. Du courage pour regarder en face les parties de soi qu’on aime moins, et de la volonté pour garder le cap et ne pas se décourager quand on heurte un mur. Parce que le développement personnel, ce n’est pas une promenade de santé, mais plutôt un chemin de croix. On tombe plus souvent qu’on le pense. Et parfois, on se fait mal. Très mal. Pour réussir à goûter au bonheur, il faut oser se frotter à la vie dans tout ce qu’elle a de beau à offrir… et de moins beau aussi.
Au début de ce parcours, j’avais énormément de colère et de ressentiment aussi. J’en voulais à mes parents, à mes amis, à mes exs pour toutes les blessures infligées au fil des années. Jusqu’à ce que je comprenne que la colère ne faisait qu’alimenter mes blessures. Alors, lentement, j’ai commencé à accepter ce que je ne pouvais pas changer. Et la colère a cédé la place à la tristesse, puis à la joie.
C’est important d’être accompagnée sur le chemin
Mais la beauté dans tout ceci, c’est que je n’étais pas seule. À chaque pas, j’ai été accompagnée, notamment par toutes ces belles femmes que je mets en lumière dans ma série. Je ne serai pas la femme que je suis aujourd’hui sans elles.
Parce que replonger dans ces blessures, et laisser émerger sa nouvelle identité, ou plutôt sa véritable identité, celle qui sommeille en nous depuis toujours et qui ne demande qu’à émerger, loin des conditionnements en tous genres, c’est très insécurisant. Comme le dit si bien ma mentore, Monica canducci, le corps a horreur du changement. Ça le déstabilise. C’est pourquoi, tant de gens se réfugient derrière un masque, pourquoi aussi certains traumatismes restent enfouis au plus profond du subconscient. Parce que le corps veut nous protéger. C’est son rôle premier. Oser affronter ses côtés sombres, ce n’est pas donné à tout le monde. Et ça demande d’être entouré et soutenu.
Ce que j’ai appris sur mon chemin de guérison
Être mère, c’est marcher ce chemin
Si vous me lisez régulièrement, vous savez que c’est la maternité qui m’a mis sur mon chemin rouge. Parce qu’être mère m’a confrontée à mes blessures et mes croyances; parce que je n’étais pas la mère que je pensais être, celle qu’on nous laisse miroiter comme idéal souvent inatteignable, et que je me sentais incompétente. Et c’est ce sentiment grandissant d’insatisfaction qui m’a poussée à chercher des réponses.
Être mère m’a ramené en plein visage les enseignements de la 11e mère de clan dont je me sens si proche: savoir se montrer vulnérable, savoir lâcher prise, respecter ses limites pour pouvoir les faire respecter par les autres. Dès l’instant où j’ai emprunté cette voie, la transformation s’est opérée. Petit à petit. Avec ses hauts et ses nombreux bas, je ne vous le cacherai pas.
Être mère m’a appris à prendre soin de moi
Mais si c’était à refaire, je le referai.
Car le travail que je fais sur moi depuis 3 ans grâce aux sagesses ancestrales m’a permis de changer mon regard et de transformer ce que je jugeais comme un fardeau en véritable cadeau. J’aime à dire que la maternité est mon meilleur outil de développement personnel! Elle m’a ramenée à ma passion première, l’écriture, et c’est celle-ci qui m’a permis de transformer mes blessures en forces. Je n’aurais jamais goûté à tout cela si je n’avais pas eu d’enfants.
Non seulement, je sais aujourd’hui la mère et la femme que je suis, mais j’ai aussi trouvé ma mission de vie: accompagner les autres mères sur ce chemin pour qu’elles le vivent dans la douceur, comme moi.
Ma mission: vous accompagner sur ce chemin
C’est à vous de marcher le chemin
Depuis le début de cette aventure, je me vois bien plus comme un guide que comme une coach ou une mentore. Car c’est à vous de marcher le chemin. Moi, je suis juste là pour vous tenir la main. Libérer la parole n’est que le prémisse de ce que je veux offrir au monde: c’est le premier pas à faire.
Trouver les cadeaux cachés sur votre route
Mais mon objectif c’est de vous faire aimer la maternité et de vous réconcilier avec la merveilleuse maman que vous êtes, même si vous ne vous épanouissez pas dans ce rôle. Pas pour que vous adhériez à ce diktat social selon lequel le rôle maternel est le plus beau et le plus épanouissant du monde pour une femme. Non! Mais pour que vous compreniez, pour que vous ressentiez dans toutes vos cellules à quel point ce que cela vous fait vivre de négatif, d’inconfortable, de douloureux est en fait un cadeau mal emballé.
Car ce sont ces épreuves qui vont vous révéler à vous-mêmes et vous amener à découvrir et affirmer la belle personne que vous êtes. Refuser ce rôle, ce serait comme refuser le cadeau qui vient avec, refuser la magnifique transformation qui l’accompagne!
Marcher côte à côte sur ce chemin
En lisant ces lignes, certaines d’entre vous ont peut-être peur d’aller là. Et je ne les en blâme pas. Peut-être que ce n’est pas encore le bon moment pour vous. Mais je veux quand vous dire que ce chemin n’a pas à être aussi ardu tout le temps. Quand on est bien accompagnée, et c’est ce que je me propose de faire, la route s’adoucit. Parce qu’on est soutenue à chaque pas. Et que le jeu en vaut largement la chandelle!


