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Prendre soin de soi pour mieux prendre soin des autres

prendre soin de soi pour mieux prendre soin des autres

L’épuisement chronique: ce mal du siècle

Lundi dernier, j’ai fait une sieste d’une heure en plein milieu de l’après-midi alors que j’étais en retard dans mon travail. C’est un des luxes d’être à son compte, me direz-vous! Pourtant, croyez-le ou non, c’est un luxe que je me suis rarement accordé cette année. Parce que je ne connais pas de patronne plus exigeante que moi-même et que je suis de nature persévérante! 

Quand la persévérance nous fait dépasser nos limites

J’ai toujours vu ma persévérance comme une force, car c’était une valeur prônée par mon père et de nombreuses personnes de mon entourage, dont certains de mes professeurs, et qu’elle m’a permis de réaliser de grandes choses. Mais aujourd’hui, je comprends qu’elle m’a aussi souvent poussée à dépasser mes limites. Comme dit ma mère: « on a les défauts de ses qualités »!

Ainsi, ces dernières semaines, j’ai été beaucoup trop dans le faire et pas assez dans l’être, portée que j’étais par le développement florissant de mon entreprise et les milliers d’idées qui me venaient en tête. Non seulement, j’avais plusieurs projets en même temps, mais en plus je me suis mise la pression pour que mes épisodes de balado soient parfaits et mon site web terminé d’ici la fin de l’année. Pourquoi? Parce que je n’aime pas laisser les choses en suspens, que j’aime aller au bout et terminer ce que j’ai commencé. Sauf que personne ne m’impose ce délai! Après tout, je suis mon propre boss! Et tout l’intérêt d’être à son compte, c’est de pouvoir gérer son temps comme on veut, non?

Quand on suit le même rythme à longueur d’année

Il faut dire aussi que le changement d’heure m’est rentré dans le corps pas à peu près cette année! Même si je suis heureuse d’être revenue à l’heure normale, de me lever en même temps que le soleil et de rentrer à la maison quand il va se coucher, j’ai fait beaucoup d’insomnies cette semaine, le temps que mon corps s’habitue. Car le corps a horreur du changement. Mais je sais aussi par expérience que c’est pour le mieux. D’ailleurs, de nombreuses personnes dénoncent cette pratique artificielle depuis des années, à juste titre. 

Cependant, revenir à l’heure normale nous permet d’être plus en phase avec la nature. Je le vois comme une invitation à travailler moins longtemps le soir et à me reposer davantage. Si tant de gens préfèrent l’heure avancée, c’est parce que plus nous avons de lumière, plus nous avons d’énergie pour faire les choses. Mais c’est ainsi que la fatigue s’empare de nous: parce que nous cherchons à tout prix à être aussi productif qu’au retour des vacances d’été alors que l’automne nous invite à ralentir dès le mois d’octobre. C’est donc parce qu’on cherche à suivre le même rythme toute l’année qu’on s’épuise.

Quand on ne prend pas le temps de se reposer

Pour faire un parallèle avec la maternité, c’est un peu comme lorsque son bébé commence à faire ses nuits et qu’on regagne tranquillement des heures de sommeil. On se met souvent à en faire plus qu’avant alors qu’on devrait en profiter pour se reposer, sachant qu’un autre cycle de nuits blanches nous attend au prochain pic de croissance! Mais non, on en profite pour faire tout ce qu’on n’a pas eu le temps de faire avant par manque de sommeil! Et le cycle vicieux s’installe…

Pourtant, mon corps, dans toute son intelligence, m’a fait un cadeau qui aurait dû m’inviter à ralentir dès que je suis tombée enceinte: on m’a en effet décelé de l’hypothyroïdie, une maladie qui fait que mes réserves d’énergie sont limitées et qui m’oblige donc à m’arrêter et à me reposer. Mais au lieu de cela, comme la plupart des gens, je prends une pilule chaque jour pour être en mesure de continuer ma journée sur un rythme effréné!

Quand on perd ses bonnes habitudes

Certes, je me fais un point d’honneur à poursuivre mes pratiques spirituelles et à prendre soin de moi : je continue à honorer la nouvelle et la pleine lunes par des rituels, je vais me faire masser tous les mois, je m’entraîne une fois par semaine dehors, je médite… mais plus à tous les jours. Une partie de moi se dit que ce n’est plus aussi nécessaire qu’avant, car mon métier me nourrit, mais je sais au fond de moi que mon ego trouve surtout que c’est une perte de temps. Parce que ça me fait commencer ma journée de travail plus tard. Et pourtant, à chaque fois que je le fais, je suis mille fois plus efficace! 

J’ai commencé aussi à noter les moments de mon cycle menstruel dans mon agenda pour essayer de ne pas trop surcharger mon horaire pendant mes lunes. Mais ce mois-ci, j’ai échoué à respecter cela: ma plus grosse journée de l’année coïncidera avec ma première journée de règles. Autant vous dire que j’appréhende un peu! 

De la nécessité du repos

Les femmes ont besoin de repos plus que les autres

Ce temps de pause lors de nos lunes est d’ailleurs un des legs majeurs de La femme qui marche dans sa grandeur, cette mère de clan qui nous accompagne au mois de novembre (voir ma série D’une mère à l’autre). Parce que, comme le dit si bien Marie-Josée Tardif, l’aînée autochotone que je suis depuis quelques années, le leadership féminin est différent du leadership masculin. Nous, les femmes, sommes cycliques à l’image de la Terre Maman; alors, c’est contre notre nature de toujours aller de l’avant. De la même façon que la terre se repose en hiver et ne produit qu’au printemps et en été, nous sommes invitées à nous reposer une fois par mois. Pour faire le vide et le plein: le vide de toutes les émotions et stress vécus; et le plein de repos et d’énergie. C’est pourquoi, tant de femmes sont épuisées ces temps-ci. Parce que la course à la productivité et à la performance dans laquelle nous vivons est contre nature.

Prendre soin de soi, c’est ouvrir la voie à un monde plus reposé

Or, ce n’est qu’en s’honorant soi-même, en honorant les besoins de son corps que nous serons en mesure de guérir le monde de ce stress chronique. Les peuples autochtones considèrent en effet que ce temps de repos dont bénéficie les femmes une fois par mois est une bénédiction, et que c’est à nous de guider les autres vers plus de sagesse. Or, guider par l’exemple, ça commence par soi: prendre soin de soi pour que nos enfants apprennent à en faire autant rendus à l’âge adulte.

Vous me direz:  » Pas facile de prendre soin de soi quand on doit s’occuper de jeunes enfants! ». Et vous avez raison. Mais c’est oublier que prendre soin de soi, c’est prendre soin des autres. Parce qu’une maman reposée sera bien plus efficace auprès de son bébé que si elle est à bout. Par conséquent, si l’on veut réussir à avoir plus de temps pour soi, c’est à nous de le prendre, et ainsi nos enfants comprendront que c’est un geste important à poser pour leur bien-être et celui de toute la maisonnée.

N’avez-vous pas remarqué à quel point ils ont tendance à imiter nos actions bien plus qu’à faire ce qu’on leur dit? Si je demande à mes filles d’arrêter de faire du bruit en criant, je suis en pleine incohérence! Bien sûr, cela nous arrive à toutes, car si l’on crie, c’est pour évacuer l’irritation que tout ce bruit engendre en nous. Mais si l’on veut vraiment plus de calme à la maison, le plus efficace est d’ÊTRE calme.

Lâcher prise et revenir à soi

Et c’est exactement parce qu’une action vaut mille mots que je n’ai pas été très présente sur les réseaux sociaux cette semaine. Pour montrer l’exemple. J’en avais beaucoup et je sentais le besoin de me reposer et de revenir à moi. Car s’il y a une leçon que j’ai retenue en particulier de la 11e mère de clan, c’est qu’à un moment donné, il faut savoir lâcher.

Même si de gros événements s’en viennent pour Mamans sans tabous, j’ai décidé de lever le pied. Chaque jour, j’ai pris le temps de faire un rituel, une méditation, toutes ces choses que j’avais un peu trop délaissées dans les dernières semaines, car j’étais occupée à faire fleurir mon entreprise. En cours de route, j’ai oublié que JE n’étais pas mon entreprise, et que même si ce que je fais me fait vibrer, il y a beaucoup d’autres choses qui me nourrissent dans la vie comme la spiritualité, et j’avais besoin de revenir à elles pour repartir du bon pied.

Je songe même à me désengager d’un de mes contrats pour alléger mon horaire et me permettre de respirer davantage. Cela peut sembler égoïste ou irresponsable, mais si je suis au bout du rouleau, ma prestation ne sera pas de qualité. Alors, c’est rendre service à tout le monde que de me retirer cette fois-ci pour revenir en force quand je serai reposée.

Incarner son message pour mieux aider les autres

Alors pour l’an prochain, je me fais la promesse de me prioriser et de prendre soin de moi avant de m’occuper de mon entreprise. Même si j’ai encore 1001 projets qui n’attendent qu’à se matérialiser, je vais prendre mon temps. 

Ralentir. 

Encore et toujours plus.

Parce que si je veux vous accompagner, vous les mamans, sur votre chemin de guérison, je me dois d’incarner pleinement le message que je porte: m’accepter dans mes faiblesses et mes coups de mou comme dans mes réussites et mes coups de génie; travailler moins et vivre plus; faire chaque jour ce qui me fait vibrer; honorer les sagesses autochtones qui me guident et revenir dans la joie et l’amour.

D’ailleurs, je vous invite à en faire autant en cette fin d’année: ralentissez, prenez un moment pour vous chaque jour. Vos enfants n’en seront que plus heureux, et vous aussi! 

Quelques mantras pour vous aider à ralentir

Pour terminer, je vous laisse sur ces quelques citations et mantras qui m’aident à à revenir à moi et m’accepter dans mes avancées comme dans mes retraits.

« Si tu es vide, que donnes-tu aux autres?, Marie-Josée Tardif.

« La vulnérabilité est une force », Jamie Sans.

« Être forte, c’est savoir demander de l’aide », Laurence Sala.

“Chaque jour, j’honore mes médecines; ainsi, les forces de la création me soutiendront et ouvriront la voie”, Marie-Josée Tardif.

Bon repos à toutes!

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