En janvier 2022, je publiais un article intitulé Noël ou la magie disparue qui commençait ainsi: « Cette année encore Noël m’a déçue ». J’allais le partager à nouveau cette année, mais je réalise que le sentiment que je ressens à l’issue de ces fêtes de fin d’année est un peu différent.
Quand Noël rime avec charge mentale et traditions familiales
Reproduire ce qu’on a connu
Certes, cette année encore, ma charge mentale était particulièrement élevée, et avec elle mon niveau de stress… parce que j’ai voulu trop en faire. Ayant grandi dans l’abondance, j’ai des souvenirs de Noël avec plein de cadeaux sous le sapin, alors pour moi, c’est à cela que devrait ressembler le Noël de mes filles. Je ressens en effet le besoin de reproduire avec mes enfants la même chose que mes parents ont fait pour ma sœur et moi.
Pourtant, une partie de moi se dit que ce n’est peut-être pas le meilleur exemple à leur donner: quand on reçoit tout ce qui était sur sa liste de Noël, on a tendance à penser que l’on peut avoir tout ce qu’on veut dans la vie. Or, si j’ai envie de faire plaisir à mes filles, mon rôle de mère est aussi de les éduquer en leur enseignant la valeur de l’argent et la gratitude. Et puis, ce gaspillage des ressources, cette tendance aux achats compulsifs, ces tonnes de papier cadeaux et d’emballages qui finissent aux vidanges viennent profondément heurter mes valeurs écologiques.
Or ce Noël-ci, contrairement à il y a deux ans, j’ai eu beaucoup de plaisir le 25 à ouvrir les cadeaux avec mes filles. Car cette année, elles ont pris le temps de les ouvrir, de les découvrir un par un et de remercier la personne qui les leur avait offerts. Et ça, ça a mis du baume sur mon cœur de maman. Parce que j’ai enfin vu le fruit de mes efforts récompensés. A force de prêcher l’importance de prendre son temps et d’être reconnaissant pour ce que l’on reçoit, je suis heureuse de constater que mes filles ont fini par intégrer le message.
Ce que je n’aime pas de Noël
En revanche, moi qui avais hâte de recevoir mes parents pour Noël, j’ai réalisé que si j’aimais vivre la magie de Noël, je n’aimais pas tant la créer. Pour être plus précise, j’aime décorer la maison, mais pas cuisiner pour recevoir. Surtout quand j’ai déjà toute la charge mentale des cadeaux à acheter. C’est d’ailleurs pour cette raison qu’il n’y a pas de lutin chez nous.
Comme dans beaucoup de familles, c’est moi qui gère tout: la décoration de la maison et du sapin, la confection du calendrier de l’avent et l’achat des cadeaux. Sans compter qu’au niveau professionnel aussi, j’ai eu une fin d’année très chargée. Bref, à une période de l’année où j’aurais le goût de me reposer et de ne rien faire, les Noëls comme je les vis depuis que je suis maman sont en totale contradiction avec les désirs profonds.
Mais comme pour les cadeaux, je réalise aujourd’hui que c’est moi qui m’imposait tout cela. J’ai pris conscience en effet que si j’aimais recevoir, je n’aimais pas cuisiner pour le monde. Ça, c’est le plaisir de ma mère et de ma sœur, mais pas le mien. Oui, j’aime bien manger, mais j’aime surtout qu’on me prépare à manger. Rien ne goute meilleur pour moi qu’un repas au restaurant ou qu’un souper préparé avec amour par quelqu’un d’autre!
Alors, l’an prochain, je prendrai un traiteur. Afin de profiter pleinement de ma soirée sans avoir à passer des heures en cuisine ni à faire le service.
Comment créer un Noël plus doux pour les mamans que nous sommes?
Partir pour Noël: la solution idéale
Ce n’est donc pas étonnant que mes plus beaux souvenirs du temps des fêtes correspondent aux deux jours que nous avons passés à Québec en famille après Noël. Une idée brillante que j’avais eue pour alléger ma charge mentale et profiter d’un bon moment en famille: emmener mes parents voir un spectacle du Cirque du soleil. C’est que l’an dernier, on était allées ensemble à Eurodisney, et même s’il avait plu les deux jours qu’on avait été là, on en a tous gardé de très bons souvenirs. Parce que les moments passés ensemble sont bien plus précieux qu’une tonne de cadeaux. Même aux yeux des enfants.
C’était tellement agréable que je me suis demandé après coup pourquoi j’avais attendu à après Noël pour faire ça! Parce que c’est avant que j’en aurais eu besoin. Pour me ressourcer. Prendre une pause de toute la frénésie des fêtes. Ma sœur l’a fait, elle, cette année. Et quand je voyais les photos qu’elle nous envoyait de son séjour à la montagne avec ses enfants, j’étais jalouse!
Partir quelques jours loin de l’excitation générale entourant la période des fêtes, loin des centres d’achat et des repas en grosse gang pour célébrer noël en toute intimité au contact de la nature: c’est tellement ce dont je rêve, moi qui veux tellement ralentir à Noël depuis que je suis maman! J’aurais pu décider d’en faire autant. Mais je trouve ça difficile de changer les traditions héritées de mes parents…
Changer les traditions familiales
Depuis la pandémie, je rêve d’un Noël en toute simplicité. Sans gros repas ni formalité. Sans cadeaux à déballer ni famille à visiter. Un noël en pyjama où chacun fait ce qui lui plaît.
Chaque année, je me dis que ce sera différent, et chaque année je fais comme la précédente. On dirait que j’ai peur de décevoir mes parents et mes enfants en changeant les traditions de Noël. Pourtant, les enfants sont bien plus ouverts aux changements qu’on le pense. J’en ai eu la preuve cette année avec mon calendrier de l’avent.
Depuis plusieurs années, je leur prépare moi-même leur calendrier en le remplissant de sucreries, de petits jouets et de petits papiers leur offrant des activités et des privilèges spéciaux. Or cette année, mes filles m’ont demandé de leur mettre seulement des papiers pour l’an prochain, et même de les écrire ensemble! Moi qui rechignais à leur donner seulement des bébelles ou des chocolats, je ne pouvais demander mieux! Et si en plus, elles se proposent de m’aider, cela va diminuer ma charge mentale de moitié!
On dit souvent qu’on fait tout ça pour nos enfants, mais est-ce vraiment le cas? Avez-vous pris le temps de leur demander ce qui leur ferait vraiment plaisir à Noël? Je suis sûre que la réponse serait bien différente de ce à quoi on s’attend… Le 25 en après-midi, on a regardé un excellent film intitulé That Christmas, à l’initiative de ma grande. Un magnifique film du temps des fêtes qui montre à quel point les traditions de Noël font surtout plaisir aux parents et que les enfants ont bien assez d’imagination pour réinventer tout cela!
Pour un noël à son image
Alors, l’an prochain à Noël, je vais faire comme ces enfants : créer de toutes pièces un temps des fêtes qui me ressemble! Je vais laisser la petite fille en moi exprimer ses désirs et sa créativité.
Ainsi, je choisis d’offrir à mes enfants un cadeau à chaque jour pendant toute la durée des vacances pour les initier aux 12 nuits de Yule. Une tradition que j’affectionne particulièrement et qui consiste à célébrer les 12 dernières nuits de l’année en remerciant pour les cadeaux reçus. De cette façon, j’étire le plaisir de donner et de recevoir, un peu comme avec le Calendrier de l’avent, une tradition que mes filles et moi apprécions particulièrement.
Je pourrais même leur parler des célébrations du solstice d’hiver en leur demandant si elles veulent faire des trucs de sorcière. Je suis sûre qu’elles embarqueraient! Après tout, elles me demandent tout le temps ce que je fais dans mes retraites et dans mon travail et sont curieuses de tout ce qui touche à la magie.
En 2025, je vais arrêter d’être la petite fille sage qui reproduit fidèlement les traditions familiales et créer les miennes, celles de ma famille à moi, à l’image de la femme et de la mère que je suis devenue. Parce que si moi je ne le fais pas, qui le fera? Comme le disait si bien Gandhi : « Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde! ».
Alors, pourquoi ne pas le créer nous-mêmes, le fameux Noël de nos rêves? Et pourquoi ne pas offrir à la petite fille en nous ce dont elle aurait vraiment envie pour Noël?


