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Embrasser son unicité 

Ce mois-ci, la vie m’invite à replonger dans mon histoire pour mieux comprendre ce qui m’anime et ce pour quoi j’ai lancé Mamans sans tabous. Alors, laissez-moi vous raconter qui je suis…

Une enfance mouvementée…

Ça fait longtemps que je cherche ma place dans le monde. Longtemps que je cherche ma famille d’âmes.

En 45 ans de vie, j’ai changé trois fois de pays, trois fois de carrière, déménagé près de 20 fois, et j’ai mis 36 ans à trouver mon âme sœur. 

Depuis que je suis toute petite, j’ai dû changer d’école et de maison au moins 20 fois! Chaque fois, moi qui étais pourtant si timide, je devais me refaire des amis. Chaque fois, je devais apprendre de nouveaux codes, de nouvelles façons de faire.

Et puis un jour, quand je pensais enfin avoir trouvé ma place et mon cercle d’amies, mes parents ont décidé de partir en Italie alors que cela faisait 5 ans que nous n’avions pas bougé. J’ai senti le sol s’effondrer sous mes pieds à l’annonce de cette nouvelle. Toutes ces amitiés que j’avais si durement tissées allaient s’étioler au fil du temps et de la distance. Je le savais. J’ai pleuré. Beaucoup pleuré. Mais à 14 ans, on n’a pas trop le choix de faire autrement que de suivre ses parents. Alors j’ai déménagé encore une fois, changé de maison, de pays, d’école. Pour finalement me retrouver à devoir faire cours à distance, car il n’y avait pas d’école pour moi en Italie…

Par la suite, quand on a quitté Florence pour Milan, j’ai pu enfin retourner à l’école, mais je n’ai jamais réussi à trouver des amis qui me ressemblaient. Les seules qui m’avaient adoptée étaient les moutons noirs de la classe, celles qui étaient différentes, celles qui sortaient du lot.

A 18 ans, je suis rentrée seule en France pour poursuivre mes études universitaires. Là, j’ai rapidement trouvé ma famille d’âmes auprès des élèves de prépa, une bande d’intellos comme moi:-) Mais quand j’ai dû retourner à l’université après ces deux années de prépa, il m’a fallu à nouveau me rebâtir un cercle d’amis. Sans compter que je devais aussi trouver ce que j’allais faire de ma vie. 

Trouver son X d’essais en erreurs…

Plus jeune, je voulais être pharmacienne pour soigner les gens. Mais les études scientifiques ne m’attiraient pas autant que les études littéraires… Tellement de choses me plaisaient que j’avais du mal à faire un choix! Je voulais étudier les langues étrangères, moi qui en parlais déjà quatre, mais je ne voulais pas m’embarquer dans de la traduction technique. Je rêvais d’être journaliste, mais les délais serrés, ce n’était pas mon fort, et les études politiques non plus… Je suis finalement devenue prof, comme ma mère, alors que mon objectif premier était de diffuser la culture française à l’étranger!

Et puis, ce qui devait arriver arriva: notre petite aventure en Italie m’avait donné le goût du voyage. Alors, après deux ans à enseigner le français en entreprise en région parisienne, dans un environnement qui ne me plaisait guère, je suis partie au Venezuela avant de poser enfin mes valises pour de bon ici, au Québec.

Mais, même si j’adore enseigner, j’ai finalement senti le besoin de revenir à mes premiers amours: la culture. J’ai alors entamé une carrière dans le communautaire au sein d’organismes qui venaient en aide aux artistes pour me rendre compte que travailler avec eux, c’était beaucoup moins créatif que je l’avais imaginé! C’est pourquoi, à l’issue de ma deuxième grossesse, j’ai tout lâché pour me lancer dans l’entreprenariat afin de renouer avec mes désirs d’enfant, ma créativité et mon immense besoin de liberté.   

Le sentiment d’appartenance: trouver sa famille d’âmes

Et là, ça m’a pris deux ruptures amoureuses et une thérapie pour enfin trouver ma place. Comment? En suivant mes passions. C’est d’abord mon amour pour la musique qui m’a poussée à intégrer l’Ensemble vocal Extravaganza, une chorale d’origine gaie, mais ouverte à tous, dont le dénominateur commun était la différence. D’ailleurs, la chanson qui nous a tous le plus touchés quand nous étions dans ce chœur, et que nous avons reprise maintes et maintes fois, s’intitulait « A place where I belong. » Je n’étais donc pas la seule à chercher ma place…

Ce sentiment d’appartenance, je l’ai à nouveau ressenti quand j’ai rencontré mon mari grâce à une autre de mes passions: la danse. En unissant ma destinée à la sienne, j’ai enfin senti qu’on m’acceptait en tant que Québécoise, moi la Française qui parle avec un accent et emploie de drôles d’expressions! J’ai rencontré sa famille, ses amis, et je me suis sentie accueillie telle que j’étais. Même si je venais d’ailleurs. 

Mais quand je suis devenue maman, ce sentiment s’est envolé. La maternité m’a tellement bouleversée, transformée, les modèles qu’on me proposait me confrontaient tellement dans mes valeurs et mes croyances que j’ai à nouveau eu le sentiment de ne plus faire partie de la gang. Quand je voyais ces mamans qui capotaient à l’idée d’envoyer leur enfant à la garderie alors que moi j’avais hâte que la mienne y aille, je me suis sentie très seule… Et je n’osais en parler à personne.

Et puis, j’ai découvert le féminin sacré et les enseignements autochtones. Et là, j’ai à nouveau rencontré des personnes comme moi: des femmes, mais aussi des hommes,  qui se posaient 1001 questions sur l’existence, qui étaient en quête de sens, qui percevaient que la vie, c’était bien plus que travailler et éduquer ses enfants. Des gens qui, comme moi, voulaient changer le monde et partager leur magie. Des personnes au contact de qui mon âme vibrait, des personnes avec qui je me sentais vivante, puissante, en reliance.

Pourtant, à travers tout ça, je continuais de vouloir suivre les conseils des experts, aussi bien dans la maternité que dans l’entrepreneuriat; je m’inscrivais à toutes sortes de formations qui me proposaient des stratégies pour être une meilleure mère ou une entrepreneure à succès. Parce que depuis toute petite, j’ai appris que pour être aimée, je devais être une bonne élève. Que je devais écouter les consignes, mettre en application ce qu’on m’enseignait et rentrer dans le rang. 

Sauf que ça ne marchait pas. 

Parce que ce n’était pas moi.

Parce que mon âme criait trop fort depuis trop longtemps.

Assumer sa différence pour mieux s’affirmer

Et le mouton noir que je suis, la petite fille qui avait du mal à se faire des amis parce qu’elle était différente, parce qu’elle trippait plus sur la méditation, l’écriture et le développement personnel que sur les fringues à la mode, les stars de cinéma et les fêtes alcoolisées, en a soudain eu marre d’essayer de faire comme les autres pour se faire accepter. La vie lui avait montré qu’elle n’était pas la seule de sa gang. Qu’il y en avait d’autres comme elle.

J’ai alors compris que ce qui avait longtemps été mon défi dans la vie était devenu ma force; que si j’avais été capable de changer si souvent ce pays, de carrière, si j’avais su à chaque fois me rebâtir un réseau, c’était grâce à mon côté hétéroclite et à mon incroyable capacité d’adaptation.

Comme j’aime à le dire, je suis une citoyenne du monde. Je ne suis pas juste une française au Québec. J’ai en moi le côté intellectuel et critique des Françaises, certes, mais aussi l’amour de la culture et l’expressivité des Italiennes, la joie de vivre des Vénézuéliennes et l’optimisme candide des Québécoises.

Je suis une formatrice chevronnée, une conférencière, une travailleuse culturelle, une coordinatrice, une journaliste dans l’âme, une artiste, une guérisseuse. Je suis celle qui dit tout haut ce que les autres mamans pensent tout bas, celle qui met des mots sur leurs émotions, celle qui transmet son savoir, celle qui guide, celle qui crée du lien. 

Aujourd’hui, je veux assumer complètement chacune des identités qui me composent. Parce qu’elles font TOUTES partie de moi. Et je veux VOUS aider à embrasser pleinement qui vous êtes, parce que je marche ce chemin moi aussi, depuis toujours.

Alors, si vous sentez l’appel, si vous aussi vous souhaitez embrasser votre unicité et trouver votre famille d’âmes, dites-le moi en commentaire ou écrivez-moi en privé! 

Ensemble, on va plus loin.

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